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«Romans d’adultes»: les ados ont grandi

Béatrice et Nasser Bakhti prolongent l’expérience de «Romans d’ados», sorti il y a déjà sept ans.

La finition de «Romans d’adultes» de Béatrice et Nasser Bakhti a nécessité une aide sous la forme de crowdfunding.
La finition de «Romans d’adultes» de Béatrice et Nasser Bakhti a nécessité une aide sous la forme de crowdfunding.
DR

C’était il y a sept ans. En salles sortait Romans d’ados, film-fleuve en quatre parties qui faisait le portrait de différents ados romands. Conflits familiaux, problèmes à l’école, premières interrogations identitaires, angoisses face à l’avenir ou bonheur du moment présent, Béatrice Bakhti, sa réalisatrice, partait du détail pour mieux atteindre l’universel. Fresque saisissante et tentaculaire, sorte de Heimatdocumentaire gorgé d’émotion et de suspense, le film s’achevait sur des adieux à des personnages auxquels on avait fini par s’attacher.

Si on prend en compte le temps de tournage du premier volet, plus de dix ans se sont écoulés depuis. Romans d’adultes en constitue une suite, du moins pour six des protagonistes d’origine, les autres n’ayant pas souhaité continuer l’expérience. Dans cette continuité, on retrouve Jordann, Mélanie, Xavier, Rachel et Thys dans leur quotidien actuel, avec un certain sens du suspense pour le premier, qui tarde à apparaître à l’image. On sait que le film, réalisé (et produit) cette fois par Béatrice Bakhti et son époux, le cinéaste Nasser Bakhti, n’a pas été simple à terminer et qu’il a même nécessité une aide participative sous la forme d’un crowdfunding. Moins long que Romans d’ados, Romans d’adultesse divise en deux segments, Sur le chemin de l’indépendance, volumes 1 et 2. Le registre y est davantage celui du témoignage que de la pure introspection. Les allusions au film lui-même constituent un degré de lecture supplémentaire. L’impact des témoignages proprement dits est moins fort et prétérite un projet qu’il est sans doute difficile d’apprécier à sa juste valeur sans avoir vu les métrages de 2010. Reste que ce film ample et traversé par un souffle saisissant est absolument unique en son genre, à la fois par l’aspect expérimental qu’il recouvre et par la structure qu’il revendique – plusieurs blocs plutôt constitutifs de la minisérie que du long-métrage. Romans d’adultesaurait très bien pu, en effet, se découper en un format exclusivement télévisuel.

L’intelligence des Bakhti est d’avoir compris que justement, un tel film ne peut trouver sa véritable dimension qu’en osant le grand écran. Les effets de réel qu’il inclut, ces savoureux apartés dans lesquels les personnages font référence à ce que le premier volet leur a apporté (ou volé) et à tout ce qui se joue hors-champ, c’est-à-dire le travail technique, la caméra, ce que d’ordinaire on tente d’effacer, se trouve au contraire amplifié et in fine considéré comme un élément comme les autres participant de la vie de ceux qu’il filme. Et ça, on adore.

Romans d’adultesEn ce moment au Cinélux. Cote: ***

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