Marc Bonnant joue le procès fictif de Wagner

grand théâtreAvec Bernard-Henri Lévy et Alain Carré, le célèbre avocat genevois s'empare sur les planches du Wagner polémiste.

Me Marc Bonnant.

Me Marc Bonnant. Image: Gérald Bosshard

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Entre le tribunal et la scène, la cloison va s’amincissant. Les occasions se multiplient où les ténors du barreau s’improvisent stentors des planches. A Genève, c’est surtout par l’ancien bâtonnier Marc Bonnant que le transfert se fait. Après avoir mis en spectacle des plaidoiries pour Jésus, Socrate ou Baudelaire, voici que l’orateur s’empare, bicentenaire oblige, du Wagner polémiste, auteur en 1850 de ce pamphlet auquel puiseront les thèses nazies, « La Juiverie dans la musique ». Au Grand Théâtre, en quatre soirées qui s’échelonnent tout au long de la saison, il s’entoure de ses complices Alain Carré, homme de théâtre, et Bernard-Henri Lévy, écrivain et homme public, pour scruter l’ombre idéologique qui enveloppe le compositeur allemand.

Aimez-vous Wagner ?

Marc Bonnant: Contrairement à Alain Carré, je ne suis pas musicologue, et je n’exclus pas que Bernard-Henri Lévy ne le soit que peu lui-même. Je crois savoir qu’il déteste Wagner, parce qu’il n’arrive pas à surmonter l’aversion que l’homme lui inspire. Il vit en intellectuel le tiraillement entre la curiosité pour ce compositeur dionysiaque et la réticence à l’égard de ses idées. En termes de musique, on se demandera sur la scène s’il y a dans les opéras de Wagner des personnages qui correspondent à des archétypes juifs ou des phrases musicales qui seraient une parodie de la musique de synagogue. Du coup, je n’en finis pas d’écouter Wagner.

Vous livrerez-vous avec « Le cas Wagner » à un véritable procès contre l’antisémitisme du compositeur?

Nous allons citer des témoins, et donc les appeler par la fiction. Schopenhauer sera évoqué, Feuerbach aussi, Nietzsche inévitablement. Et nous considérerons qu’il y a un défenseur et un accusateur, qui n’adopteront pas nécessairement l’ordre classique selon lequel l’accusation commencerait et la défense répondrait.

Comment s’articuleront les quatre volets de votre projet ?

Les trois premiers affrontements préparent une conclusion. Le vrai sujet n’est pas de savoir si Wagner était antisémite ou non. C’est de savoir si le fait qu’il l’ait été a ensemencé l’avenir. Pensait-il en les rédigeant que ses écrits puissent être reçus, transformés, portés plus loin jusqu’à la barbarie ultime? C’est tout le problème de la responsabilité de l’artiste, de l’intellectuel, et peut-être même de tout sujet parlant, qui est en jeu.

« Le cas Wagner », Grand Théâtre, Grand Foyer, pl. de Neuve 5, les 8 nov., 31 jan., 30 avril et 12 mai, 022 322 50 50, www.geneveopera.ch

Interview complète et développement dans nos éditions print de jeudi (TDG)

Créé: 06.11.2013, 15h17

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