Reporters sans frontières se reconnaît dans les gigantesques collages de JR

InstallationsL’ONG défendant la liberté de la presse consacre son nouveau cahier à ce «street artist» français de 35 ans.

Vue aérienne du bidonville de Kibera (Nairobi, Kenya), en février 2009. Ce cliché fait partie du projet «Women are Heroes».

Vue aérienne du bidonville de Kibera (Nairobi, Kenya), en février 2009. Ce cliché fait partie du projet «Women are Heroes». Image: JR

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«Garder toujours l’œil ouvert», c’est le credo de Reporters sans frontières (RSF), ce qui permet à cette ONG de défendre «la liberté, l’indépendance et le pluralisme du journalisme, pour la vérité, pour la justice», comme l’énonce Christophe Deloire, secrétaire général, dans son édito ouvrant le nouvel album de RSF qui vient de paraître. Or qui mieux que JR illustre cette curiosité, cette lucidité? Qui lui offre une visibilité de manière aussi spectaculaire que cet artiste français de 35 ans, «qui fait regarder et parler les murs» et se qualifie lui-même d’«activiste urbain»?

RSF a donc choisi de consacrer sa dernière publication à JR, Jean René sur son certificat de naissance, et de mettre en couverture l’une de ses installations: un bambin atteint de gigantisme, en noir et blanc, éveillé, souriant, se tient perché sur une palissade surveillée par un soldat. «Une paire d’yeux géants nous scrute, dans un bidonville oublié du reste du monde», signale encore Christophe Deloire à propos du travail de JR. Et «ce regard de titan, posé sur la pierre, attire le nôtre».

Artiste urbain né dans le mouvement des rues, qui allait nuitamment inscrire des mots engagés ou poétiques dans les endroits les plus inaccessibles, JR est passé ensuite à ces immenses tirages photographiques qui offrent un visage aux laissés-pour-compte. Il colle ses installations de papier là où elles interpellent le plus: sur un mur de séparation entre Israéliens et Palestiniens, au cœur de Jérusalem ou à Bethléem, sur un immeuble désossé de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), où il a grandi, dans une favela de Rio ou un bidonville de Nairobi. Dans «Women are Heroes», il met en images des femmes qui, malgré leur passé douloureux, ont l’énergie de construire un avenir. Dans «Wrinkles of the City», il souligne l’évolution architecturale des villes en accolant aux nouveaux immeubles des portraits de personnes âgées à l’histoire inscrite sur leur visage, comme la cité porte la sienne dans son patrimoine bâti.

Figurent aussi dans le nouvel album de RSF un article consacré à la difficulté qu’ont les journalistes russes d’informer librement, ainsi qu’un dossier portant sur le BD-reportage et le dessin de presse avec Françoise Mouly, directrice artistique du «New Yorker», et Laurent Sourisseau, alias Riss, dessinateur et directeur de la rédaction de «Charlie Hebdo» depuis 2009.

«JR, 100 photos pour la liberté de la presse», avec un dossier spécial «Le reportage s’illustre». En kiosques et librairies.

Créé: 29.07.2018, 17h06






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