Rencontres avec l'art aux Libellules

ExpositionDouze plasticiens ont dessiné la cité et interagi avec ses habitants pendant deux mois. Une exposition en témoigne.

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«Viens voir ton portrait, il est super!» Céline Mazzon, cofondatrice de la Biennale d’art des Libellules (BAL), accueille un nouvel arrivant en ce mardi soir. Malgré la pluie, une trentaine de personnes sont réunies dans le tout nouvel édicule construit devant la barre d’immeubles des Libellules. L’ambiance est chaleureuse. Peut-être que la bière vendue par les jeunes du quartier y contribue…

Les murs du petit espace sont presque entièrement recouverts de dessins. Crayon, peinture, collage, découpage… On reconnaît les paysages urbains des alentours, des portraits, des animaux. Dont des libellules, bien sûr. Le tout a été exécuté par douze artistes invités, qui sont allés à la rencontre du lieu et de ses habitants pendant près de deux mois.

Construire ensemble

Quelques minutes plus tard, la rencontre débute. Il s’agit d’un rendez-vous hebdomadaire où des étudiants en médiation à la Haute Ecole d’art et de design présentent un regard croisé sur deux des artistes en résidence. Pour la dernière session, leur enseignant Claude-Hubert Tatot s’y colle. Il raconte les péripéties de Pascale Favre aux Libellules: le tenancier du bar qui censure ses gros mots, les ouvriers du chantier qui la surprennent à s’essuyer les pieds sur le paillasson tout neuf. Et met en parallèle son travail avec celui d’Alexia Turlin. Derrière lui défilent deux séries d’images présentant les œuvres des artistes.

Plusieurs habitants profitent de l’occasion pour venir faire un tour dans l’atelier. Massan a participé à la biennale dès ses débuts, en 2009. Elle y a notamment exposé ses peintures. «Cela montre que malgré la précarité, il y a des talents ici, souligne-t-elle. L’art participe à la cohésion du quartier.» Son mari, James, chanteur de reggae, va se produire lors de l’inauguration de l’exposition.

Jean-Claude, un autre fidèle, se réjouit lui aussi des liens qui se tissent entre les gens dans le cadre de la BAL. «Ensemble, on peut construire beaucoup de choses. Les idées ne manquent pas, mais encore faut-il les mettre en pratique. Faire une biennale d’art aux Libellules, cela semblait de la science-fiction à la base. Et pourtant, c’est devenu une réalité!»

Pour rapporter les expériences vécues pendant ces deux mois, la maison d’édition Ripopée s’est installée sur place. «Le photographe Noé Cauderay a tout documenté, rapporte Jessica Vaucher, coresponsable de Ripopée. Et Pascale Favre a écrit des textes.» L’ensemble donnera un livre qui sera verni en même temps que l’exposition, le 29 novembre. «L’idée était de sortir de l’événementiel pour garder une trace de ce qui s’est passé», explique Serge Boulaz, cofondateur de la BAL.

Une énergie qui se dégage

C’est lui qui a décidé de la thématique de cette édition 2014: le dessin. «J’ai fait une formation pour être enseignant d’art, où j’ai dû apprendre à dessiner, raconte Serge Boulaz. J’y ai pris tellement de plaisir que je me suis dit qu’on devait absolument faire ça aux Libellules! Car le dessin, tout le monde le pratique.»

Les artistes choisis, d’âges et de styles divers, ont donc en commun une prédilection pour ce médium. Chacun était invité à découvrir le lieu, interagir avec les habitants et en rendre compte sous forme de dessin. «Il y avait tout à construire, se réjouit Pascale Favre. Pas seulement seul, mais avec les autres artistes et les habitants. A l’inauguration, on sentait une énergie qui se dégageait.» Se baladant dans le quartier, elle en a ramené des phrases, des anecdotes, des ambiances, transcrites ensuite sur le papier.

L’accrochage des œuvres s’est fait au fur et à mesure, sur une trame de feuilles vierges accrochées au mur. «C’était intéressant de sortir de sa propre narration pour créer des histoires avec les autres», constate Pascale Favre. Ont également été intégrées certaines contributions extérieures, de dessinateurs amateurs. Car les artistes ont notamment rencontré les habitants par le biais d’ateliers organisés régulièrement. Cette démarche intéressait particulièrement Alexia Turlin: «J’avais envie de trouver ici une population avec laquelle je n’avais jamais travaillé: les personnes âgées. J’ai utilisé plusieurs exercices pour les décomplexer. Et j’ai adoré.» Des jeunes ont également participé à ce type d’échange, comme en témoigne le dessin de trois libellules qui livrent leurs pensées: «Avant, les copains et les copines étaient terrifiés à l’idée de venir ici. Maintenant, ça va mieux, on est fier d’être des Libellules!»

«Exquis» Exposition les sa 29 et di 30 novembre et me 3 et sa 6 décembre de 14 h à 18 h à l’édicule, av. des Libellules 4A. Infos: exquis-libellules.tumblr.com.

Créé: 19.11.2014, 19h28

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