Une productrice genevoise à Berlin

CinémaJoëlle Bertossa raconte pourquoi il est indispensable de se rendre au festival allemand.

Joëlle Bertossa dans ses bureaux de Genève, sous l’affiche de «Rio Corgo» qu'elle présente à Berlin.

Joëlle Bertossa dans ses bureaux de Genève, sous l’affiche de «Rio Corgo» qu'elle présente à Berlin. Image: Olivier Vogelsang

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Elle est aussi énergique que souriante, Joëlle Bertossa. Surtout depuis qu’elle a décollé, avec le dernier film de Philippe Garrel, L’Ombre des femmes, que sa société a coproduit. C’était à Cannes l’an passé, en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs. «J’ai clairement senti, à cette occasion, que je franchissais un cap», nous déclare la productrice genevoise, qu’on retrouve à Berlin entre deux rendez-vous. Cette année, elle présente un film au Forum, Rio Corgo. La première a lieu ce soir. Un documentaire émaillé de jaillissements poétiques et centré autour d’un vagabond portugais. «Le film a été cosigné par Maya Kosa, une jeune Polonaise qui a grandi et étudié à Genève, et par Sergio da Costa, qui est de Grandvaux. Tous deux se sont connus à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD). Mais ce qui est formidable, c’est que nous venons en plus de remporter le prix Pour-cent culturel Migros SSR, doté de 480 000 francs, pour le projet solo de Sergio. Un autre documentaire, cette fois sur un centre de soins pour les oiseaux vers Bellevue. Grâce à cette somme, on devrait pouvoir le tourner cet été.»

Un projet parmi d’autres pour une productrice qui en fourmille. Plus d’une dizaine, dont cinq déjà finis pour lesquels elle enchaîne les rendez-vous à la Berlinale. «Je ne les compte plus. J’en ai cinq ou six par jour au moins. Surtout avec des distributeurs et des vendeurs. Sans oublier les sélectionneurs de festivals. En général, les retombées de ces rendez-vous ont lieu après le festival. Berlin est totalement indispensable pour notre métier. Surtout lorsqu’on a un film ici. Après celui de Cannes, le Marché du film de Berlin est l’un des plus gros du monde. J’y viens depuis plusieurs années.»

Neuf ans avec Wadimoff
En effet, avant de créer sa propre société, Joëlle Bertossa travaillait aux côtés de Nicolas Wadimoff chez Akka Films à Genève. En 2010, Aisheen avait d’ailleurs déjà été sélectionné à Berlin. «Et puis en 2012, après neuf ans chez Akka, je me suis lancée dans l’aventure solo, témoigne la jeune femme. J’avais surtout envie de faire mes propres choix, d’avoir ma propre ligne. J’ai un faible pour les projets à dominante sociale mais j’ai aussi envie de découvrir de jeunes cinéastes d’ici, surtout dans le documentaire. J’ai besoin de m’impliquer artistiquement et d’établir un vrai dialogue avec eux. J’ai en somme ma petite écurie. Mais je fais à la fois du prime time, par exemple avec la série Bienvenue aux Pâquis, et des films d’auteur ciblés festivals.»

Aujourd’hui, son catalogue s’étoffe. On y trouve aussi bien une série en développement, Les Apprentis du Genevois Mauro Losa, qu’un prochain projet du Lausannois Germinal Roaux, Drapeau noir, un documentaire de Raoul Peck, Remember This House, un autre documentaire, Wild Plants, tout juste terminé, signé Nicolas Humbert, un long-métrage de Carmen Jaquier, et une demi-douzaine d’autres titres qui donnent à la société indépendante une allure de multinationale. «N’oublions pas qu’il faut environ trois ans pour monter des projets. J’ai fondé Close Up en 2012. En 2015, quelques-uns de ces projets sont arrivés à terme et sont donc enfin visibles. C’est pour ça qu’on parlera sans doute beaucoup de Close Up dans les mois à venir.»

Le travail au féminin
Dans ses bureaux de Genève, Joëlle Bertossa n’a que deux employées. Plus une autre qui est mandatée, en externe, pour s’occuper des festivals. «Je ne travaille qu’avec des femmes, plaisante la productrice. Je trouve qu’elles ont davantage d’énergie. A partir de jeudi, je vais rentrer à Genève pour retrouver mes enfants mais mes collaboratrices prennent le relais à Berlin. Lorsqu’on a un film ici dans une section, il faut rester jusqu’au bout.»

Née en 1973, la productrice a toujours vécu à Genève. Non sans faire un détour par l’INSAS, école de cinéma de Bruxelles. «J’ai même réalisé des films. Je ne pense pas que vous les ayez vus, et c’est mieux comme ça», lance-t-elle en riant. Fille de l’ex-procureur Bernard Bertossa, et sœur du procureur Yves Bertossa, Joëlle est très fière de son père. «Je pense qu’il m’a transmis ses valeurs», conclut-elle. (TDG)

Créé: 16.02.2016, 16h45

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