Le polar suédois couronne une reine genevoise

RencontreAvec le scénariste Olivier Bocquet, Léonie Bischoff transcrit en bande dessinée les romans de Camilla Läckberg. Une réussite.

Léonie Bischoff dans les salons d’un grand hôtel de la place, après une séance de dédicace au récent Salon du livre. Les lecteurs de la Tribune avaient pu découvrir l’an dernier le coup de patte de la dessinatrice genevoise établie à Bruxelles lors d’une série d’été consacrée aux utopies urbanistiques pour Genève.

© Georges Cabrera

Léonie Bischoff dans les salons d’un grand hôtel de la place, après une séance de dédicace au récent Salon du livre. Les lecteurs de la Tribune avaient pu découvrir l’an dernier le coup de patte de la dessinatrice genevoise établie à Bruxelles lors d’une série d’été consacrée aux utopies urbanistiques pour Genève. © Georges Cabrera

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De Camilla Läckberg, Léonie Bischof ne connaissait autrefois que le nom. Mais elle n’ignorait rien de sa renommée. «Après ma maturité artistique au Collège De Saussure en 2001, j’ai travaillé à la Fnac, à Balexert et à Rive notamment. J’ai rangé des caisses et des caisses de bouquins. Les siens y figuraient en bonne place. Ça se vendait par palettes entières», se souvient la dessinatrice genevoise (34 ans). Aujourd’hui, la jeune femme établie à Bruxelles connaît de l’intérieur l’univers créé par la reine suédoise du polar. Et pour cause: Casterman, son éditeur, lui a proposé de transcrire en bande dessinée ses romans. Le genre d’opportunité qui ne se refuse pas, et qui peut booster une carrière en devenir. Au récent Salon du livre, Léonie Bischof n’a pas arrêté de dédicacer les deux albums qu’elle a déjà adaptés en compagnie du scénariste Olivier Bocquet. Merci qui? Merci Camilla.

Pas emballée par l’écriture

Pourtant, tout n’était pas gagné d’avance. Quand en 2012 Léonie s’est plongée dans la lecture de La reine des Glaces, le premier best-seller de Camilla Läckberg, elle a «bien aimé l’intrigue, sans être emballée par l’écriture». Paradoxalement, elle y a vu une motivation supplémentaire pour s’approprier le livre. «Cela m’a permis de revenir plus facilement à sa trame, dans l’optique de le reformuler en bande dessinée.» Egalement partie prenante du projet, Olivier Bocquet lui a fait part de sa propre vision de l’histoire. «Nous étions sur la même longueur d’onde. Tous les deux, nous avions flashé sur ce qui touchait à l’enfance des personnages principaux, brièvement évoquée dans le roman.»

Restait à convaincre Camilla Läckberg. Tandis que Bocquet réalisait un séquencier des différentes scènes, Léonie Bischoff s’attelait à une galerie des différents personnages. «Pour l’auteure, c’était important de savoir comment j’allais donner vie graphiquement à ses héros. J’ai envoyé mes essais à ses ayants droit. Camilla Läckberg m’a fait répondre qu’elle trouvait mes personnages trop durs, trop marqués par la vie. Elle m’a demandé d’adoucir le trait, de rendre les gens plus attachants. Par la suite, on a réalisé trois pages avec Olivier Bocquet. Elle les a validées, puis ne s’est plus du tout mêlée de notre travail.»

Pas davantage de réaction à la parution de la version BD de La reine des glaces, en janvier 2014. «J’ai fini par croiser Camilla Läckberg au festival Quai du polar, à Lyon, en avril. Elle m’a dit qu’elle avait beaucoup aimé notre travail, qu’elle le trouvait très beau… et très suédois.» Une manière pour l’écrivain de saluer le soin apporté par Léonie Bischoff et Olivier Bocquet à la réalisation de cette adaptation.

Afin de capter l’ambiance des romans, la dessinatrice et son scénariste se sont en effet rendus en Suède, à Fjällbacka, la petite ville côtière où se déroulent les scènes décrites par Camilla Läckberg dans ses polars. «Elle a situé les intrigues là où elle a grandi. Ce voyage nous a permis d’observer quantité de petits détails typiques. Par exemple, en Suède, les fenêtres s’ouvrent sur l’extérieur. Du coup, les gens accumulent les bibelots sur les bords de fenêtres. Il fallait aller sur place pour s’en rendre compte.»

Détails typiques

Fidèles tout en affichant une vraie personnalité, les versions BD de La princesse des glaces, puis du Prédicateur, qui vient de paraître, ont séduit les lecteurs. «On a reçu un très bon accueil, tant de la part de ceux qui connaissaient les romans que de ceux qui ne les avaient pas lus.» Prochaine étape pour Léonie Bischoff, l’adaptation du Tailleur de pierre, le troisième roman de Camilla Läckberg. Rendez-vous l’an prochain.

«Le prédicateur», par Léonie Bischoff et Olivier Bocquet, d’après le roman de Camilla Läckberg. Ed. Casterman, 128 p.

Expo-vente, librairie Raspoutine, rue Marterey 24 à Lausanne jusqu’au 22 mai. (TDG)

Créé: 08.05.2015, 17h15

Présentation originale

«Je suis Erica Falck. (…) J’adore mettre le nez dans ce qui ne me regarde pas.» «Je suis Patrick Hedström. Mon projet: passer du temps avec Erica avant la naissance de notre bébé… Mais je suis flic.» Dans Le Prédicateur, deuxième album fraîchement paru adapté des romans de Camilla Läckberg, on retrouve bien sûr les héros créés par l’auteure suédoise. Mais aussi une manière originale de les présenter, imaginée par Olivier Bocquet et parfaitement mise en images par Léonie Bischoff. Les principaux personnages de ce polar nordique épatant s’adressent une nouvelle fois aux lecteurs, face caméra. Ce n’est pas la moindre originalité de ce récit qui met aux prises ses protagonistes avec un serial-killer. PH.M.

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