La plume de «Quartier des banques»

SérieStéphane Mitchell a coécrit les deux saisons. Rencontre sur le tournage.

Stéphane Mitchell aime les défis, et «Quartier des banques» en est assurément un.

Stéphane Mitchell aime les défis, et «Quartier des banques» en est assurément un. Image: LAURENT GUIRAUD

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Dans les séries, on parle souvent des acteurs, très peu des réalisateurs et jamais des scénaristes. Et pourtant Dieu sait s’ils sont importants dans ce type d’architectures, aussi bien productionnelles que narratives. C’est pourquoi nous avons pris rendez-vous avec Stéphane Mitchell, la scénariste de la première saison de «Quartier des banques» et de sa suite. Depuis le mois d’avril, le tournage de celle-ci, coproduction entre la RTS et Point Prod, essaime dans différents lieux de Genève. Il y a une quinzaine, nous les retrouvions dans notre rédaction, et jeudi dernier au quai Gustave-Ador, dans un appartement transformé pour l’occasion en étude d’avocat.

Une cinquantaine de personnes ont envahi les lieux, il y a des techniciens partout. Les acteurs, dont Vincent Kucholl, patientent au maquillage ou répètent leur scène. Fulvio Bernasconi, le réalisateur, juge l’ensemble derrière son moniteur. Et on y retrouve Stéphane Mitchell. «Comme on a repris l’écriture début 2018 et que la première saison a été écrite entre 2015 et début 2017, il n’y a pas pour moi un si grand écart que ça entre les deux, témoigne celle qui a aussi le statut de cocréatrice de la série. D’autant plus que nous pensions déjà à la saison 2 lorsque nous tournions la 1. Il y a très peu de saisons 2 à la RTS.»

Écriture à plusieurs

Diffusés fin 2017, les six premiers épisodes de «Quartier des banques» avaient réuni un nombre considérable de téléspectateurs. «Au moment de la première saison, nous écrivions sans savoir si No Billag allait passer.» «Nous», c’est un certain nombre d’autres personnes, scénaristes, réalisateurs, producteurs. Fulvio Bernasconi, le réalisateur attitré, Jean-Marc Frohle, producteur chez Point Prod, Marc Dugain, auteur et consultant au scénario, et de nombreux autres, se sont ainsi plusieurs fois groupés autour de et avec Stéphane Mitchell. Et puis, quand il a fallu s’atteler à la suite, elle a dû tisser de nouvelles intrigues autour des mêmes personnages. «Tous les principaux sont de retour, ainsi que ceux qui les incarnent. L’histoire est construite sur de vraies escroqueries. Il s’agit aussi de montrer comment, à Genève, on traque les criminels à col blanc.» Avec l’idée d’une troisième saison en tête? «J’avoue que nous n’avons encore rien signé. Mais je vois bien trois volets à «Quartier des banques».»

Séries venues d’ailleurs

Née à Genève, Stéphane Mitchell est diplômée de l’Université de New York, elle y apprend à écrire pour le cinéma et la télévision. Ses vrais débuts à l’écriture remontent à 2003. Cette année-là, elle signe «On dirait le Sud», fiction minimaliste dont le scénario tient sur quatre pages mais qui vaudra à Vincent Pluss un Prix du cinéma suisse (on ne disait pas encore Quartz) bien mérité. Elle continue avec l’écriture de «Déchaînées» pour Roland Vouillamoz, avec Irène Jacob et Adèle Haenel. Mais ce ne sont pas là ses seuls faits d’armes.

D’autres séries, «Heidi», «T’es pas la seule!» «Port d’attache», des projets divers, dont une sitcom avec Marie-Thérèse Porchet qui restera dans les tiroirs, dénotent un certain éclectisme dans le genre. Mais celle qui a désormais un nom dans le domaine trouve aussi son inspiration dans des séries venues d’ailleurs. «Pour la première saison de «Quartier des banques», on a pas mal pensé à «Top of the Lake» (ndlr: la série de Jane Campion). Surtout pour soupeser la manière dont les scénaristes parviennent à donner une seconde vie au personnage principal. Après, je peux vous citer «Bloodline», qui se déroule dans les Keys. Une structure qui rappelle le huis clos.»

Aujourd’hui, Stéphane Mitchell, qui tient à se définir comme scénariste plutôt qu’auteure, aime explorer des directions où elle ne pensait pas aller de prime abord. «Je ne me voyais pas forcément dans quelque chose comme «Quartier des banques», à l’époque où je débutais avec Vincent Pluss. Là, je viens de travailler avec Fred Baillif, et c’est encore un autre univers.»

Elle avoue malgré tout qu’il est encore difficile de vivre de ce métier. Et qu’il y a souvent des problèmes de rémunération. Coprésidente et membre fondatrice du Swiss Women’s Audiovisual Network, ou Réseau audiovisuel des femmes suisses, elle y prend une part active depuis l’an dernier. Tout en avouant être en perpétuel apprentissage. «Le fait d’enchaîner les genres me permet d’apprendre tout le temps. Pour «Quartier des Banques 2», je pense que je frustre le réalisateur, Fulvio Bernasconi. Il voudrait avoir les textes trois mois à l’avance et ce n’est pas possible, surtout à un tel rythme.»

Clap de fin dans quelques jours, diffusion en 2020.

Créé: 29.04.2019, 17h59

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