Plume perse pour becs d’ici

ThéâtreCodirecteur du Galpon, Gabriel Alvarez y monte «L'Assemblée des oiseaux», allégorie ornithologique du XIIe siècle signée Farid al-Din Attar.

Rossignol, paon, vautour, moineau et autres drôles d'oiseaux, le Studio d'Action théâtrale suit la huppe Clara Brancorsini dans son vol à la poursuite d'un roi intérieur.

Rossignol, paon, vautour, moineau et autres drôles d'oiseaux, le Studio d'Action théâtrale suit la huppe Clara Brancorsini dans son vol à la poursuite d'un roi intérieur. Image: ELISA MURCIA ARTEGO

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«Rrrrataka, trrrr, prtttak», font-ils sous leurs plumages bariolés en frétillant du cou. Le faucon, la perdrix, la huppe, le paon, le moineau ou le canard, tous sculpturalement costumés pour leur périlleux périple. Un immémorial brouhaha onomatopéique se prenant de bec avec les notes percussives grattées sur le papier par Bruno De Franceschi – et frappées à vue par Ulysses Alvarez.

La volée convoquée par «Mantik at-Tayr ou l’assemblée des oiseaux» ne se contente pas de chanter. Elle relate aussi, scandant individuellement ou en chœur, le parcours initiatique qui la conduira à son roi Simorg, un voyage intérieur «pour arriver au voyageur». Traversant déserts et sommets, franchissant tour à tour les vallées du désir, de la connaissance, de la stupeur ou du néant comme autant de cercles dantesques, la quête philosophique fera battre de l’aile à la nuée. Seuls de rares as aviaires sauront atteindre la sagesse ultime.

Notoirement adaptée par Peter Brook dans les années 70, l’allégorie émane d’un parfumeur persan devenu poète mystique au milieu du XIIe siècle, Farid al-Din Attar. Son texte regorge de perles comme la gorge de ses créatures chatoie de couleurs. Tandis que Genève bruisse sous des draps d’étourneaux de passage, Gabriel Alvarez emmène ses camarades du Studio d’Action théâtrale dans cette épopée qui voit les volatiles migrer vers une incarnation humaine.

Passerelle bleue en forme de spirale et mottes de diamants à même le plateau, ombres mobiles projetées des cintres, sa mise en scène scelle l’univers cérémoniel qui est le sien, à mi-chemin du baroque et du dépouillement, de l’archaïque et du contemporain, du lyrique et du plastique. D’où sa singularité tout exotique au sein du paysage romand. D’où aussi une certaine raideur qui figerait le jeu derrière un masque permanent. Pour le coup, la tendance tombe à pic, puisque «L’Assemblée» s’inscrit dans un Temps Fort intitulé «Les Frontières des apparences», qui interroge le corps et ses limites, y compris dans sa dimension de prothèse.

«L'Assemblée des oiseaux» Théâtre du Galpon, jusqu’au 11 nov., 022 321 21 76, www.galpon.ch (TDG)

Créé: 01.11.2018, 15h30

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