Plongeuses jamnyo à côté du Jet d’eau

DécryptageTrente panneaux exposent jusqu'au 30 octobre des photographies de femmes sud-coréennes, à l'initiative de la Fondation culturelle Barbier-Mueller.

Les plongeuses en apnée professionnelles de la communauté

Les plongeuses en apnée professionnelles de la communauté "jamnyo"- ici Jung Soonok - sont souvent très âgées. La relève fait défaut. Image: Hyung Sun Kim

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Elles montent la garde le long du quai Gustave-Ador, équipées de pied en cap entre la rue de la Scie et le Jet d’eau. Ces femmes vivant sur l’île de Jeju, en Corée du Sud, sont des plongeuses en apnée. Elles font un métier dangereux et leur communauté matrilinéaire, les Jamnyo, est en voie d’extinction: de 23 000 en 1959, elles sont moins de 4500 aujourd’hui. Trente panneaux grandeur nature, recto verso, illustrent leur quotidien à l’initiative de la Fondation culturelle Barbier-Mueller, en partenariat avec F.P. Journe et avec le soutien de la Ville de Genève, qui met l’emplacement à disposition jusqu’au 30 octobre. Derrière l’objectif, un photographe coréen de belle notoriété, Hyung Sun Kim, qui vient à Genève samedi pour juger de la bonne mine de l’accrochage supervisé par Laurence Mattet, directrice du musée Barbier-Mueller.

Aussitôt installée au bord du lac, mercredi, l’exposition capte les regards: les badauds font halte, les cyclistes stoppent net leur lancée et les touristes tirent des selfies avec la photo de Jung Soonok (ci-contre), Hyun Okran, Kim Jungja ou Her Kyungsuk. Les visages de ces femmes, labourés de rides comme une terre après un tsunami, leurs corps déformés par l’effort quotidien et leurs regards souvent espiègles ne laissent pas indifférent. La carte d’identité de leur communauté non plus. Les Jamnyo, attestées dès le début du XVIIIe siècle, sont des femmes puissantes. Par leur labeur harassant, elles gagnent beaucoup d’argent et possèdent de belles maisons. Elles procèdent à des rites chamaniques afin de préserver leur environnement marin et leurs ressources naturelles, ainsi que leurs… maris. Sur l’île de Jeju, les hommes sont denrée rare, il convient donc de les dorloter. Ils ne plongent pas, mais attendent leurs épouses sur le rivage pour porter leur récolte. Sous l’eau, le «champ maritime» est la propriété du village; il est entretenu par les plongeuses, qui fuient l’avidité et respectent l’équité des gains. Il ne faut pas abuser des largesses des déesses océaniques…

(TDG)

Créé: 11.10.2018, 18h54

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