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Une plateforme transfrontalière inédite «va plus loin»

Genève, Lausanne, Annecy et Chambéry inaugurent un partenariat englobant chaque étape d’une production théâtrale.

«Éden», de l'artiste associé de Bonlieu Scène nationale Annecy Cyril Teste, figure chronologiquement en première place du réseau PEPS. Cette installation immersive est à voir dans le cadre du GIFF.
«Éden», de l'artiste associé de Bonlieu Scène nationale Annecy Cyril Teste, figure chronologiquement en première place du réseau PEPS. Cette installation immersive est à voir dans le cadre du GIFF.
HUGO ARCIER

Nom de baptême: PEPS – pour Plateforme européenne de production scénique. Pedigree: le bébé a pour quadruples géniteurs (tout existe!) Bonlieu Scène nationale Annecy, Malraux Scène nationale Chambéry, le Théâtre Vidy-Lausanne et le Théâtre Saint-Gervais Genève. Son biotope? La ligne en S qui relie la Savoie au canton de Vaud en passant par la Haute-Savoie et Genève. Sa vocation: mutualiser les savoir-faire de production, les réseaux de diffusion, les équipes professionnelles, les publics amenés à circuler et les affinités artistiques des quatre structures mères. Régime alimentaire, enfin: ce programme de coopération se nourrira du soutien des collectivités publiques en Suisse et en France, et du Fonds européen de développement régional de l’Europe (FEDER), dans le cadre du projet INTERREG V qui en dépend. Sur les trois années prévues pour l’instant, le budget global s’élève à 3 337 000 d’euros, y compris l’autofinancement des institutions concernées.

L’accouchement a eu lieu ce mercredi matin devant la presse, au Théâtre Saint-Gervais, en présence bien sûr des heureux parents. Le directeur de Bonlieu, Salvador Garcia, s’est d’abord félicité de ce que PEPS «remplace une logique concurrentielle par une logique collaborative, pour le bien des artistes et des publics». Il a également précisé que PEPS ne constitue pas un projet transfrontalier de plus, mais résulte d’une vision profondément cohérente de l’art vivant par ses acteurs. «Une douzaine de productions verront le jour durant les trois saisons à venir, qui seront le fruit d’un travail harmonisé à chaque étape du processus», a-t-il assuré.

Vincent Baudriller, directeur de Vidy, a quant à lui mis l’accent sur l’accompagnement des artistes «dans leurs rêves»: «Nous avons l’ambition de faire de notre territoire au cœur de l’Europe un pôle fort de la création contemporaine», a-t-il déclaré. Et de citer en exemple le «Bajazet» de Frank Castorf, l’une des treize premières productions engendrées par PEPS, que son théâtre héberge en ce moment, et qui porte conjointement le drapeaux allemand de son metteur en scène, français de ses auteurs (Racine et Artaud) et helvétique de son producteur. Une oeuvre qui s'inscrit d'ores et déjà dans le patrimoine européen.

Pilote de Saint-Gervais, Sandrine Kuster a pour sa part souligné l’importance de deux vastes forums transfrontaliers mis en place en 2020 et 2022, qui ouvriront le débat civique, politique et économique sur les développements possibles de cette coopération culturelle exemplaire. Enfin Marie-Pia Bureau, à la tête du Malraux à Chambéry (clairement hors des frontières du Grand Genève), a insisté sur le fait que l’alliance appelle une mobilité qui ne va pas forcément de soi entre les populations savoyarde et romande. Depuis l’élaboration du projet, «je me retrouve déjà à programmer des artistes suisses que je ne connaissais pas auparavant», se réjouit-elle, enthousiaste. Toute à l’image du nouvel acronyme, en somme, promesse d’une implication collective sans précédent dans le domaine des arts vivants de la région.

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«Éden» Théâtre Saint-Gervais, jusqu’au 10 nov., www.saintgervais.ch

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