Sur la piste du piano secret

Balade«Jouez, je suis à vous» innove avec un rallye en sept étapes à travers un quartier de Genève. Moins soutenu, le concept des instruments en libre-service est appelé à se renouveler.

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«Alors, il est où ce piano secret, il est où?» À cette question posée par une blondinette trottant sur le quai Wilson, on ne peut que répondre: bien caché. Et lui donner un indice: l’instrument à découvrir a été déposé dans un périmètre relativement proche, et peint en jaune vif. Impossible de manquer ce qui constitue l’enjeu d’un rallye familial, serpentant au bord du lac et s’enfonçant dans le quartier de Sécheron. Ludique et instructive, la balade constitue la principale nouveauté de l’opération «Jouez, je suis à vous», à suivre jusqu’au 27 juin.

Pour la huitième fois, des pianos en libre-service ont été disséminés en plein air, en ville et dans les communes. Trente-quatre au total. Nyon participe aussi au concept, qui marche très fort à certains endroits. Au bord des quais justement, une bande d’ados massacrent joyeusement «Lettre à Elise» en s’invectivant, sur le piano turquoise qui donne le départ du fameux rallye. Pas question pour eux de prendre connaissance de l’indice qui permettra de découvrir, plus loin, une autre énigme, renvoyant elle-même à une prochaine étape. Au total, sept postes balisés par une touche de piano permettront de mettre la main sur le clavier de l’objet recherché.

Avec ses parents, la blondinette entrevue tout à l’heure est déjà partie en chasse. Côtoyant les pique-niqueurs, les joueurs de frisbee et les baigneurs munis de bouées en crocodile installés sur les pelouses environnantes, le trio file en direction du Musée d’histoire des sciences, puis du Jardin botanique. On ne vous dévoile pas ici tout leur périple, long d’un peu plus de trois kilomètres. Mais on signale qu’au bout du compte, après avoir suivi un indice intitulé «Jouer sous les ponts», la mélodie de «Frère Jacques» a retenti dans un endroit à l’architecture audacieuse, où l’on n’aurait jamais songé à chercher un piano. Un petit selfie, et le tour est joué.

À l’année prochaine? Pas sous cette forme en tout cas. Toujours enthousiastes, mais lucides, les organisateurs de «Jouez, je suis à vous» sentent un certain fléchissement. «Au niveau des financements, la ville de Genève a diminué sa participation de 50% cette année. L’association des communes genevoises (ACG) a également revu sa contribution à la baisse», explique Catherine Armand, co-coordinatrice de l’association Tako, responsable de la manifestation. «Pour la première fois, nous avons contacté des entreprises privées pour parrainer des pianos.» Deux grandes banques de la place ont notamment financé l’installation de pianos au centre-ville.

L’opération «Jouez, je suis à vous» va dès lors évoluer. «Cette édition est la dernière sous la forme que l’on connaît», indique Catherine Armand. «Pour l’instant, on a effectué un quadrillage géographique, afin de disséminer les pianos sur le territoire genevois. Je pense qu’on se dirige à l’avenir davantage vers une installation artistique symbolique.» Une première ébauche de cette idée avait été mise en place l’an dernier au Jardin anglais, à travers une rangée de sept pianos installés côte à côte, peints aux couleurs de l’arc-en-ciel. D’autres pistes sont envisagées, à l’image de pianos installés en étoile depuis un point central. «Nous allons également développer l’aspect événementiel. Pourquoi pas une randonnée, ou une balade à vélo derrière un piano installé sur une remorque? Au final, la manifestation pourrait devenir un minifestival autour du piano en libre-service.» (TDG)

Créé: 17.06.2018, 17h41

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