Pink Floyd et Schumann se sont invités au carillon de Saint-Pierre

Concert Samedi 15 juillet, Christophe Sturzenegger a donné un récital éclectique dans la flèche de la cathédrale. Reportage musical et sportif.

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Cinq heures sonnent à Saint-Pierre. En cette lumineuse après-midi, c’est le signal pour les trente-sept cloches du carillon: comme tous les samedis d’été, elles ont quarante-cinq minutes pour lancer contre le ciel bleu le timbre clair de leur chant. Aux commandes de ces puissantes voix de bronze en ce 15 juillet, le pianiste, corniste et compositeur Christophe Sturzenegger s’est habillé léger. Car outre la chaleur qui règne dans la flèche, constituée d’une armature métallique recouverte de cuivre, jouer du carillon requiert un engagement physique certain et peut faire transpirer à grosses gouttes, comme en témoigne la présence d’un ventilateur.

Les mains de Christophe Sturzenegger courent avec conviction sur les trois octaves du clavier. Les touches, beaucoup plus dures que celles d’un piano ou d’un clavecin, nécessitent d’être énergiquement enfoncées pour actionner les battants des cloches, situés près de quatre mètres plus loin, au bout de longs câbles d’acier. «C’est assez sportif, nous soufflera-t-il à la fin de sa prestation. On ressent une fatigue musculaire et je suis sûr que si je jouais très régulièrement, j’aurais de la corne au bout des doigts.»

«La bidouille en direct»

Malgré ces menus aléas, l’interprète livre un joli programme éclectique, où Bach alterne avec Schumann et Beethoven succède à Pink Floyd – on a reconnu l’amorce de High Hopes, dernière chanson de l’album The Divison Bell. «J’aime bien ajouter quelques airs actuels, s’amuse le sonneur du jour derrière ses fines lunettes. Je regarde les groupes qui utilisent des cloches, et ce sont souvent ceux qui font du hard rock.»

Au carillon, tout est donc permis, même AC/DC. Les morceaux sont évidemment adaptés, puisque les mélodies doivent s’accommoder des seules trente-sept notes à disposition. Et une large place est laissée à l’improvisation. «Je fais de la bidouille en direct», résume l’artiste genevois. Laquelle bidouille s’apprécie bien mieux du dehors que dans l’habitacle étriqué de la flèche, envahi par les cliquetis de la mécanique. A l’exemple des badauds installés en contrebas, sur le muret de la place de la Taconnerie, qui profitent à la fois du charmant récital et de la légère brise estivale.

A l’issue du concert de Christophe Sturzenegger, certains d’entre eux ont prolongé leur bonheur musical dans la cathédrale pour un récital sur le grand orgue, dont les tuyaux ont résonné de la maestria du Basque Esteban Landart.

Les heures d’orgue de Saint-Pierre Tous les samedis de l’été à 17 h (carillon) et 18 h (orgue). Infos: www.concerts-cathedrale.ch

(TDG)

Créé: 16.07.2017, 18h09

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