Pierre Deladonchamps, l’acteur tout-terrain que les cinéastes s’arrachent

CinémaEn ce moment, il est à l’affiche dans «Le vent tourne». Un coup de fil s’imposait.

Pierre Contrechamps fait couple avec Mélanie Thierry dans «Le vent tourne» de Bettina Oberli, à l’affiche depuis mercredi.

Pierre Contrechamps fait couple avec Mélanie Thierry dans «Le vent tourne» de Bettina Oberli, à l’affiche depuis mercredi. Image: DR

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Hasard du calendrier, Pierre Deladonchamps est très présent cette année sur les écrans. Ce dont personne ne se plaindra, puisqu’il est toujours excellent et sans hésiter l’un des meilleurs comédiens français actuels. On l’a vu ce printemps dans le formidable «Plaire, aimer et courir vite» de Christophe Honoré. Puis dans la comédie «Photo de famille» de Cécilia Rouaud, sortie il y a quinze jours. Et depuis deux jours dans «Le vent tourne» de Bettina Oberli, coproduction franco-suisse (via les Genevois de Rita Productions) qui se déroule dans une ferme du Jura et qui avait été dévoilée à Locarno. Enfin, il y a «Les chatouilles» d’Andrea Bescond et Éric Metayer, qu’on découvrira bientôt, et dans lequel il campe un personnage négatif. Aujourd’hui, c’est pour «Le vent tourne» qu’on s’est intéressé à lui. Coincé par un emploi du temps surchargé, il n’a pas pu venir à Genève présenter l’avant-première du film. C’est donc sur son téléphone qu’on a pu l’attraper, dans un train quelque part en France.

«Le vent tourne» se déroule dans une ferme du Jura suisse. Quel type de préparation physique a été nécessaire pour ce film?

Aucune sinon l’obligation d’être présent dix jours avant le tournage dans la ferme où on a fait le film. Notamment pour se familiariser avec les bêtes.

Comment avez-vous réagi en lisant le scénario?

Très positivement. L’installation de l’éolienne est une métaphore du couple que j’y forme avec Mélanie Thierry. C’est à travers elle qu’ils sont amenés tous deux à se poser des questions.

Bettina Oberli est Suisse alémanique. Et même si elle parle bien le français, le fait d’être dirigé par quelqu’un d’une autre langue est-il plus difficile?

Il suffit d’être plus attentif et de bien faire comprendre les questionnements que je peux avoir sur le scénario. Sinon, la communication était à peu près identique à ce qui se passe d’ordinaire sur un tournage.

Le film vous a-t-il dépaysé?

Il est dépaysant car ce lieu était un personnage à lui tout seul. En même temps, loin de la ville, il permettait de se ressourcer. C’était un bel écrin pour le film.

Dans quelle mesure Alex, le personnage que vous incarnez, diffère de vous?

C’est un idéaliste qui se bat pour une cause. Et je ne suis pas un idéaliste. C’est tout.

Vous êtes arrivé relativement tard au cinéma. Lorsque vous avez été révélé par «L’inconnu du lac» de Guiraudie, en 2013, vous aviez 35 ans. Qu’est-ce que cela vous inspire?

Tout le monde sait que c’est un métier compliqué car on dépend du regard des autres.

On en souffre?

La réponse est évidente. Oui.

Quel est votre but aujourd’hui?

Continuer comme ça, en travaillant dans des genres variés.

Quel type de rôle refuseriez-vous?

Un rôle dont je serais trop éloigné physiquement. Ceux-là, je les décline. Heureusement, j’ai de la chance qu’on ne me propose que des rôles éclectiques.

Créé: 20.09.2018, 18h09

Mélanie Thierry: «Le vent tourne» m’a fait du bien

Contrairement à son partenaire dans le film, Mélanie Thierry avait accompagné «Le vent tourne» à Locarno, où nous l’avions rencontrée.
Elle en parlait avec un certain soulagement. «Je sortais de
«La douleur» (ndlr: d’Emmanuel Finkiel, d’après Marguerite Duras), qui a été éprouvant et m’a porté longtemps. «Le vent tourne» est exactement le film dont j’avais besoin. Le retour à quelque chose de plus physique. Cela m’a fait du bien. Même si je ne serais pas capable de vivre comme mon personnage dans une ferme. On peut certes toujours se dissimuler derrière un rôle. En revanche, on est bien obligé de composer avec ce qu’on dégage physiquement.» L’actrice avoue encore ne pas calculer les rôles. «Je suis le contraire d’une ambitieuse. J’ai besoin qu’on m’envisage, qu’on me projette dans un rôle. Pas l’inverse. Pour les mêmes raisons, je serais incapable de mettre en scène. Lorsque je lis un livre je ne pense pas davantage à son éventuelle transposition.» Parler d’elle n’est pas non plus l’expérience qu’elle préfère. Mais elle s’y prête. «J’aime mon potager, faire du vélo avec mes gosses, aller au théâtre, si possible seule. Sinon, je n’aime pas trop les festivals, je n’ai pas beaucoup de tact et j’ai une sorte d’agoraphobie.» On devrait la revoir bientôt dans le premier film de son époux, le chanteur Raphaël. Un couple qui est parfois apparu dans les pages de la presse people. Ce dont la comédienne se défend. «Je pense au contraire que nous n’intéressons personne. La presse people fait de l’argent sur d’autres que nous.»

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