Photographe de danse et d’opéra, Marc Vanappelghem s’en est allé

HommagePersonnalité discrète et attachante, le reporter et portraitiste genevois a porté très haut l’art de l’illustration de spectacle.

Une des nombreuses images de Marc Vanappelghem: «La Flûte enchantée» en décembre 2015.

Une des nombreuses images de Marc Vanappelghem: «La Flûte enchantée» en décembre 2015. Image: Marc Vanappelghem

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Pas grand, le crâne rasé et le regard acéré, plutôt avare de paroles, Marc Vanappelghem se concentrait sur ce qu’il avait à photographier. Il avait souvent un demi-sourire aux lèvres, un air un brin désabusé et une amabilité discrète qui le rendaient attachant. Cet artiste très présent sur les scènes genevoises de la fin des années 80 aux années 2000 est décédé le 21 juillet, sans avoir atteint l’âge d’être un vieux monsieur.

L’appel aux dons figurant sur son avis mortuaire révèle la nature du mal qui l’a emporté: la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Portraitiste, reporter et paysagiste, il portait la même attention à la photographie d’un objet ou d’un produit qu’aux meilleurs moments d’un mariage à la campagne, de préférence en noir et blanc. Un genre de reportage auquel il était parvenu à donner ses lettres de noblesse.

Le champ d’action préféré de Marc Vanappelghem était la scène et ses artistes. À l’époque où le Grand Théâtre était dirigé depuis 1980 par Hugues Gall, et son Ballet placé sous la responsabilité de Gradimir Pankov, Marc Vanappelghem réalisait toutes les photos des répétitions et des spectacles.

Ce fut pour la presse et le public une période d’émerveillement devant ses images en noir et blanc de danseuses et de danseurs dans le feu de l’action. C’était l’époque où la direction du Grand Théâtre se démenait pour rendre le Ballet plus visible et lui gagner un nouveau public. Des spectacles à prix doux étaient organisés à la salle communale de Plainpalais, annoncés par les photos de Marc. En 1995, Renée Auphan succède à Hugues Gall, mettant fin à cette collaboration. Deux ans plus tard, lors du festival de la Bâtie 1997, les images de l’artiste genevois participent à la mise en scène d’un spectacle signé par lui-même et dansé par ses propres modèles: «L’image voyageuse».

Ensuite, Marc Vanappelghem fixe les saisons d’Am Stram Gram (photos réunies dans le livre «Je fis un feu: Am Stram Gram/Le Théâtre») et du Théâtre de Carouge, ce dernier travail ayant fourni la matière d’une belle exposition pendant l’hiver 2013 au Musée de Carouge: «La fureur de dire». Un hommage sera rendu à l’artiste vendredi à 10 h 45 à la Chapelle des Rois.

Créé: 23.07.2019, 18h24

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.