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Avec Philippe Cohen, les réformateurs font le mur

La Compagnie Confiture revisite la réforme en riant avec son «Cabaret protestant».

La joyeuse équipe du «Cabaret protestant» joué dès vendredi au MIR.
La joyeuse équipe du «Cabaret protestant» joué dès vendredi au MIR.
DR

Le cadre à lui seul vaut le détour. En plein cœur historique de Genève, c’est le Musée international de la réforme qui accueille «Le cabaret protestant», nouvelle création de la Compagnie Confiture. Le théâtre de la Cité Bleue demeurant indisponible, Philippe Cohen et ses comédiens continuent au MIR un périple entamé début octobre à la salle communale d’Onex et poursuivi au Village du soir. À deux pas de la cathédrale Saint-Pierre, les voici installés dans la très belle Maison Mallet, construite au XVIIIe siècle à l’emplacement même du cloître où fut votée la Réforme en 1536.

À contexte historique, texte de circonstance. Philippe Cohen, qui avait découvert le musée il y a trois ans en y jouant un spectacle d’impro pour une banque privée, a eu envie d’écrire une pièce sur mesure, en rapport avec l’étique protestante. Pour autant, l’humour à la Confiture demeure bien présent. Les réformateurs font le mur et emportent le public dans un tourbillon de bonne humeur. «Notre «Cabaret protestant» s’apparente à une sorte de revue où les rires et les séquences de danse s’appuient sur des sources contrôlées. On rit, mais le comique reste tout à fait documenté», commente Cohen, à la fois auteur, créateur et comédien (il tient le rôle de Guillaume Farel et de Martin Luther) d’un show au titre antinomique.

Au diapason des lieux qui l’abritent, la mise en scène épouse les différentes salles du MIR. Entré par la cour pavée du bâtiment, le spectateur se retrouve orienté sur un «bar protestant» tenu par les comédiens – petits mets, bière et vin genevois –, avant de déambuler au milieu des peintures, sculptures et manuscrits, direction la salle à manger de Calvin puis le salon principal où se déroule l’essentiel du spectacle. Côté thèmes abordés, Philippe Cohen, après une visite du MIR en compagnie de son directeur Gabriel de Montmollin, confronte la pensée des réformateurs, la naissance d’un protestantisme à l’histoire mouvementée et les croyances d’hier et d’aujourd’hui. «Les propos mélangent l’époque historique à la vie actuelle. J’en profite pour évoquer la place de la femme dans la hiérarchie protestante, bien meilleure que chez les catholiques. Par ailleurs, je joue aussi de l’esprit de Genève, à travers une critique amusée de la société locale.»

Sur le podium dressé au sein d’une salle pouvant accueillir quelque 80 personnes, Calvin, Farel et la très jeune madame Farel s’expliquent en public. Arborant une barbe postiche, Alain Monney tient le rôle du plus emblématique des réformateurs. «On présente souvent Calvin comme un type coincé et sévère», relève Philippe Cohen. L’auteur du «Cabaret protestant» a voulu faire du célèbre théologien quelqu’un d’allumé et de visionnaire. «Alain Monney lui donne un côté explosif et déjanté.» Les autres personnages, du Vaudois Viret au Zurichois Zwingli en passant par la Mère Royaume, se révèlent également hauts en couleur.

«Le cabaret protestant», du 10 au 26 janvier, MIR, 4, rue du Cloître. Me et ve 20h, je, sa et di 19h.

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