«Petit Sy» fait l’éloge de la persévérance

ScèneAu Théâtre des Marionnettes, le mythe de Sisyphe amuse et interpelle les enfants.

«Le but ultime réside dans l’action, pas dans le résultat», estime Laure-Isabelle Blanchet, conceptrice du spectacle «Petit Sy».

«Le but ultime réside dans l’action, pas dans le résultat», estime Laure-Isabelle Blanchet, conceptrice du spectacle «Petit Sy». Image: Isabelle Meister

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Remonter encore et encore une pierre au sommet d’une montagne. A priori, difficile de trouver tâche plus déprimante. Pourtant, dans le spectacle Petit Sy du Théâtre des Marionnettes, le mythe de Sisyphe devient une ode à l’inventivité et la persévérance. «Pour moi, le but ultime réside dans l’action elle-même, et pas forcément dans le résultat», explique Laure-Isabelle Blanchet, la conceptrice du projet.

Échelle, corde, escalier, tête, pieds et mains: le personnage trouve de nombreuses manières de jucher le rocher sur le sommet. Parfois, il se fait même aider par les manipulatrices. D’autres fois, il montre un découragement certain. Mais l’arrivée d’une étrange créature d’abord rivale, puis complice, va lui ouvrir de nouvelles perspectives…

«Attention, il va tomber!»

«J’ai souhaité supprimer tout l’aspect culpabilisant du mythe de Sisyphe, héros condamné pour avoir enchaîné la mort, raconte Laure-Isabelle Blanchet. Mais son châtiment peut parler à chacun. Qui n’a jamais échoué dans ce qu’il entreprenait? Qui n’a pas connu des moments d’obstination ou de révolte devant ce qui n’est pas maîtrisable?»

Cette version du mythe est destinée aux enfants dès 5 ans, qui suivent avec attention les différentes tentatives du héros. «Attention, il va tomber!» s’exclament-ils lorsqu’un oiseau se perche sur le rocher, ou qu’il vacille suite à un fort éternuement. Et rien ne les fait plus rire que la pierre qui retombe sur la tête du malheureux Petit Sy.

«Un peu absurde, pas vraiment narrative, l’histoire a de quoi résonner particulièrement chez les petits, estime la metteuse en scène. À cet âge-là, ce n’est pas facile de maîtriser le monde…» Né de simples dessins d’un bonhomme hissant une pierre sur une montagne ou jouant avec, le spectacle s’est développé à partir d’improvisations sur ce thème. «Nous avons essayé de trouver un équilibre entre le côté mélancolique et le côté joyeux», note Laure-Isabelle Blanchet.

L'esthétique de Benoît Jacques

Le percussionniste Guillaume Lagger accompagne avec délicatesse les péripéties sans paroles de ce Sisyphe miniature. Installé sur la scène avec ses instruments singuliers, il renforce l’action par des bruitages, en particulier pour les multiples chutes de pierre, et exprime en musique les états d’âme du personnage.

Pour le décor et les personnages, Laure-Isabelle Blanchet a fait appel au dessinateur belge Benoît Jacques, qui n’avait jamais participé à un spectacle de marionnettes. «J’aime beaucoup le trait brut et la narration heurtée de ses livres, c’est pourquoi je souhaitais collaborer avec lui, explique-t-elle. Mais cela n’a pas été facile de traduire son univers en trois dimensions!»

Finalement, cette création est le fruit d’une réflexion commune. «Benoît Jacques a apporté un regard neuf sur notre travail ainsi que des éléments originaux, telle que la tête-caillou qui capte le monde extérieur, rapporte la dramaturge. Comme dans la version du mythe de Camus, dont je me suis beaucoup inspirée, le rocher a aussi droit à la parole…» (TDG)

Créé: 14.12.2017, 09h00

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