La peinture d’Albertine met le feu au lac

ExpositionLa dessinatrice expose dans le cadre d’Art7 et publie un album BD avec Germano Zullo.

A la galerie Maya Guidi à Carouge, dans le cadre d’Art7, Albertine montre seize peintures sur le thème du lac. Une série superbe.

A la galerie Maya Guidi à Carouge, dans le cadre d’Art7, Albertine montre seize peintures sur le thème du lac. Une série superbe. Image: Albertine

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Ses couleurs franches, posées en aplats à la gouache, mettent le feu au lac. Du bleu, du jaune, du vert, les seize peintures d’Albertine présentées à Carouge donnent assurément la pêche. Mais pas seulement. L’envie aussi de tremper les pieds dans les vastes étendues d’eau imaginées par l’artiste genevoise. A défaut, la galerie Maya Guidi invite l’amateur de belles images à apprécier cette nouvelle série de dessins autour d’un thème unique, le lac. C’est l’un des temps forts d’Art7, qui offre par ailleurs une brassée d’expositions attractives aux quatre coins de la Cité sarde.

Momentanément immergée dans des ambiances aquatiques, Albertine n’en continue pas moins de mouliner tous azimuts dans son atelier de Dardagny, passant d’un projet à l’autre avec une énergie créatrice jamais démentie. Depuis 2014, elle n’enseigne plus l’illustration et la sérigraphie à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD). «Ça m’a donné un coup de fouet, une pleine disponibilité pour mener plusieurs travaux de front», raconte-t-elle. Entre une ribambelle de livres, la création d’une fresque de dix mètres de long, des expos à venir et la préparation d’un court-métrage, Albertine n’arrête pas. «J’ai envie d’explorer de nouveaux espaces, d’aller vers l’inconnu», confie-t-elle en passant devant une table où trône le patron d’une somptueuse robe confectionnée en vue d’un défilé de mode prévu au Forum Meyrin, en février 2017.

Montrer l'immensité
Devant ses fenêtres, les vallons de la campagne genevoise paraissent bien loin de son inspiration picturale du moment. «En fait, c’est en voyant le film L’inconnu du lac, d’Alain Guiraudie, et son affiche dessinée par l’illustrateur Tom de Pékin, que j’ai eu envie d’explorer le thème du lac. De plus en plus, j’aime réaliser des paysages. Dans cette série, je voulais montrer l’immensité d’un lieu, en regard de personnages tout petits. Avec un minimum de teintes, j’ai cherché à installer une atmosphère.»

A l’image des peintres qu’elle affectionne et dont elle observe inlassablement le travail (Alex Katz, David Hockney, Félix Vallotton notamment), Albertine ne cherche pas à reproduire fidèlement la réalité. «Je donne à voir une abstraction, des sensations. A partir de là, les gens qui regardent mes images peuvent donner libre cours à leur imagination…»

Festival culotté
Si elle affectionne la couleur, source d’émotions, Albertine ne dédaigne pas le noir et blanc, bien au contraire. Pour la Fête du slip (sic), un festival très culotté dédié à la sexualité, organisé à Lausanne du 4 au 6 mars prochain, elle a réalisé à la mine de plomb un dessin format XXL – 10 mètres de large – représentant des dames et des messieurs dans des positions équivoques. «J’avais envie de revenir à l’érotisme», commente la coquine, qui a illustré les jeux de l’amour à plusieurs reprises dans de délicieux ouvrages aux tirages confidentiels.

Au crayon également, elle signe La femme canon (Ed. Hélice Hélas), une bande dessinée écrite par son compagnon dans la vie, l’écrivain Germano Zullo. «C’est un livre sur les couples, le vivre-ensemble, l’écoute, le dialogue avec l’autre. Un album un peu autobiographique, mais pas complètement.» Davantage destiné aux adultes qu’aux minots, l’ouvrage est en voie d’adaptation pour un court-métrage d’animation de onze minutes en volumes 3D. Encore du pain sur planche pour l’infatigable Albertine.

Art7 Carouge, vernissages simultanés sa 27 et di 28 février 11 h-17 h. Galerie Maya Guidi (40, rue St-Joseph), Galerie Marianne Brand (20, rue Ancienne), Galerie Ligne Treize (29, rue Ancienne), Espace JB (32, rue des Noirettes), Galerie Séries Rares (15, rue Vautier), Krisal Galerie (25, rue du Pont-Neuf), Galerie Annick Zufferey (1, pl. des Charmettes), Musée de Carouge (2, pl. de Sardaigne). (TDG)

Créé: 24.02.2016, 17h03

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