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Pavillon Sicli, accélérateur d’urbanisme

Inauguré avec une œuvre de Carmen Perrin, l’édifice devient un centre voué à la réflexion sur la construction et le futur de la ville.

Appliquée au sol dans l'espace d'exposition du Pavillon Sicli, l'installation de Carmen Perrin figure une gigantesque double spirale.
Appliquée au sol dans l'espace d'exposition du Pavillon Sicli, l'installation de Carmen Perrin figure une gigantesque double spirale.
Maurane Di Matteo

Quel visage aura l’agglomération genevoise en 2035? C’est cette ambitieuse, sinon épineuse question que la toute fraîche Association Pavillon Sicli, fondée en février, entend poser de manière récurrente ces prochaines années dans l’emblématique bâtiment du même nom. L’organisme s’est fixé pour objectif de «faire rayonner les domaines de l’architecture, l’architecture du paysage, la construction, la gestion du territoire, l’urbanisme, l’ingénierie et le design» en organisant conférences, débats, expositions ou ateliers.

Il s’agira d’être un «accélérateur de l’innovation dans l’art de fabriquer la ville, dans le contexte du Grand Genève et d’une région en constante mutation», comme l’a précisé mardi 16 mai 2017 devant la presse son président, Yves Leuzinger, également pilote de l’Hepia (Haute Ecole du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève).

Constellation de partenaires

Dans les faits, l’ancienne usine d’extincteurs, en possession de l’Etat depuis 2012 et idéalement insérée au cœur du périmètre Praille-Acacias-Vernets, fonctionnait déjà comme centre culturel dédié à ces thématiques, selon les vœux de son propriétaire. Mais il incombe désormais à l’Association Pavillon Sicli de le promouvoir auprès de la population et d’établir le fil rouge de sa programmation. On pourrait, par exemple, y voir expliqués aux Genevois les grands chantiers et projets de demain.

L’organisation est portée par cinq membres fondateurs et non étatiques: la Maison de l’architecture (MA) – laquelle déploie ses activités sur le site depuis plusieurs années –, la Fédération des associations des architectes et ingénieurs de Genève (FAI), la Fédération genevoise des métiers du bâtiment (FMB), la Haute Ecole d’art et de design (HEAD) et l’Hepia. «Cette constellation de partenaires, comprenant aussi bien des écoles que l’ensemble des acteurs de la construction de la ville, permet d’aborder avec force et cohérence tous les thèmes liés au développement urbain», détaille Yves Leuzinger.

La société Artfluvial SA, dont les actions sont entièrement aux mains du Canton et qui exploite déjà, pour le compte de ce dernier, le Bâtiment des Forces Motrices, continuera de s’occuper de la gestion logistique du pavillon, lequel peut par ailleurs être loué. En outre, les sous-sols de l’édifice, une fois aménagés, pourront réunir fonds d’archives et documents portant sur le patrimoine, destinés à être compulsés par les étudiants et les chercheurs.

Afin de souligner la vocation culturelle de l’endroit, il a été choisi d’organiser un «événement révélateur» pour l’inaugurer. Inspirée par l’architecture remarquable de la structure, Carmen Perrin y a campé une installation monumentale intitulée Lignes de forces. Occupant, au sol, une surface de 25 mètres par 26, la pièce résonne avec l’espace.

Double spirale et miroir

«C’était un rêve pour moi que de réaliser quelque chose dans ce bâtiment, que je connais depuis l’enfance et que j’étudie dans le détail depuis des années, explique la plasticienne genevoise. Ce projet résulte d’une envie ancienne qui a rencontré l’idée d’ouvrir les lieux avec une œuvre d’art.» Elle a imaginé d’appliquer, sur la dalle en béton de la salle d’exposition, le motif d’une double spirale, évoquant certains coquillages ou les ondes gravitationnelles, réalisé avec du vinyle chrome, soit une pellicule miroir autocollante de 3 millimètres d’épaisseur. «Je voulais un matériau extrêmement mince, qui fasse contrepoint à l’extraordinaire envergure de la voûte de béton conçue par Heinz Isler dans les années 60», raconte l’artiste.

Le centre de ce dessin géométrique se situe exactement en dessous de la coupole de résine translucide qui coiffe l’arche. Au gré de la course du soleil, un rond de lumière luit sur la surface réfléchissante, comme une lune sur un étang. Qu’on l’observe depuis son bord ou du haut du premier étage, Lignes de forces révèle l’ampleur spatiale et l’étonnante créativité de la bâtisse qui lui sert d’écrin.

http://www.pavillonsicli.ch

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