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Les passionnés de la Bande J interprètent la passion d’une jeune fille violée

Evelyne Castellino canalise la fougue de sa troupe Acrylique Junior dans une «Amygdale» fruit d’un travail collaboratif.

Clara, Julie et les autres, tous témoins passifs d'un viol commis dans le métro, tous actifs au sein de la Bande J.
Clara, Julie et les autres, tous témoins passifs d'un viol commis dans le métro, tous actifs au sein de la Bande J.
DR

Il serait temps qu’on rende à Evelyne Castellino – et à sa coéquipière Nathalie Jaggi – l’hommage officiel qui lui est dû. Pour ses trente-cinq ans à la tête de la compagnie genevoise 100% Acrylique. Pour ses créations pluridisciplinaires qui s’abreuvent à un répertoire allant de Gogol à Shakespeare, de Hugo à Salinger. Mais surtout pour son inlassable engagement de maïeuticienne au sein de sa troupe Junior – dite la Bande J. Alors qu’elle présente le nouveau fruit de son labeur annuel avec 16 élèves âgés de 16 à 19 ans, voilà qui méritait d’être posé.

Joliment titré «L’Amygdale», le spectacle porte à nouveau la griffe artistique de la Castellino – griffe qu’elle partage jusqu’à un certain point avec son compagnon Serge Martin, pédagogue mieux connu grâce à la réputation de son école de théâtre. Passages dansés, chantés, filmés et joués s’enroulent ainsi dans un équilibre soigneusement ménagé entre scènes de groupe et monologues, histoire de donner tour à tour à chacun la vedette.

Tous les apprentis comédiens ont également eu voix au chapitre dans la composition du texte, finalisé par la cheffe de meute sur la base du roman «Kinky Birds» (Elsa Poisot) et de leurs témoignages respectifs. Avec l’atout qu’implique cette participation active: enrichir de vécus le thème de la violence sociale – viol, islamophobie, homophobie, harcèlement… Mais aussi avec ce bémol corollaire: des dialogues maison, moins aptes qu’un classique à exalter le jeu des acteurs.

Deux éléments plus théoriques fournissent néanmoins un apport non négligeable à la belle énergie qui circule sur le plateau. Le premier explique la non-assistance à personne en danger, lors du viol d’une jeune femme dans le métro, par la «diffusion de la responsabilité», ce réflexe psychologique qui conduit à se reposer sur la réaction supposée d’autrui. Le second, lui, se penche sur le fonctionnement de l’amygdale, cette petite zone du cerveau où vient s’imprimer à jamais la mémoire émotionnelle qui échappe à la conscience: traumatisme subi, silence rompu, ou jubilation artistique au son de «Quand on arrive en ville»…

«L’Amygdale» Th. de la Parfumerie, jusqu’au 22 avril, 022 300 23 63, www.cie-acrylique.ch

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