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Paléo, de Renaud à Gauvain Sers

Si le premier a perdu des plumes, le second s’amène en honnête poulain. Tous deux seront sur scène samedi.

Renaud, chanteur énervé, néanmoins fatigué, est attendu à Paléo samedi 22 juillet.
Renaud, chanteur énervé, néanmoins fatigué, est attendu à Paléo samedi 22 juillet.
Yann Orhan

Souvenez-vous, en janvier. Renaud à l’Arena, Renaud cassé, Renaud qui rame et tente encore une fois de rallier à sa cause un public en crise de foi. De la «chétron sauvage», que reste-t-il aujourd’hui sinon le répertoire? Samedi à Paléo, Renaud revient. Sur la Grande Scène, dans son plumage fané de rouge-gorge fatigué. On ira l’écouter. Car après tout, si le chanteur d‘Hexagone accepte désormais «d’embrasser un flic», c’est à lui seul de défendre son morceau.

Et puis, tout n’est pas triste dans la famille Renaud. Prenez Gauvain Sers, 27 ans. Le charmant jeune homme a passé son enfance à écouter Laisse béton, Mistral gagnant et Les aventures de Gérard Lambert. Puis il s’est mis à écrire et composer. De sorte qu’aujourd’hui, Gauvain Sers chante à son tour, tant et si bien qu’on croirait entendre le Renaud d’antan. Ou quelque chose s’en approchant. Ce qui suscite – comment faire autrement? – autant d’admiration que de critiques.

Gavroche et le Front national

Samedi, Gauvain Sers ira lui aussi tâter du Paléo. Le même soir que son mentor. Et c’est assez logique. Renaud a fait de cet honnête disciple son poulain, l’invitant à jouer en première partie de sa tournée. De sorte que le jeune musicien originaire de la Creuse, parfait inconnu il y a une année encore, a gagné en peu de temps une popularité inattendue. Mais a-t-il pour autant obtenu la reconnaissance de ses pairs?

Un premier album est paru en juin dernier, un disque avec batterie, piano et banjo, qui donne à entendre une poignée de chansons discrètes et simples à la fois. Hénin-Baumont pour évoquer les discours haineux du Front national, Pourvu et son refrain léger pour parler d’amour, Dans mes poches façon gavroche… Si l’on retrouve l’influence de Renaud plein la voix, plein les textes, le timbre doux rappelle également Renan Luce. Le beau-fils de Renaud, qui a lui aussi tenté de se glisser dans l’héritage. A son avantage, Gauvain Sers, déjà 150 concerts dans les pattes, sait prendre la scène. Avec deux guitares en guise d’accompagnement, voilà un troubadour honnête, qui taille la route sans chercher l’épate. Et c’est déjà ça.

«Une filiation inconsciente»

«On se retrouve au plus près des gens, une proximité s’installe et c’est bien ainsi, car on met les textes à nu. Et si les mélodies fonctionnent dans le plus simple appareil, alors le plus difficile est réussi.» La Rochelle, Saint-Malo, Rennes, les Francofolies de Spa vendredi dernier encore. Puis Paléo. En attendant L’Epicentre de Collonge-Bellerive le 30 septembre. Gauvain Sers écluse toutes les salles de l’Europe francophone. Le jeune homme en veut. Mais de là à faire de lui le nouveau Renaud, il y a un monde, toutefois. Et la plume de l’héritier potentiel manque encore de ce fabuleux mordant dont faisait preuve son aîné.

Gauvain Sers répond: «La filiation est inconsciente». Tâchons alors de comprendre de quel bois se chauffe notre interlocuteur. Son univers propre? «J’essaie de le développer. Une certitude, cependant: j’appartiens à cette même famille, celle de la chanson réaliste, celle du folk aussi, de Dylan, Neil Young, Simon & Garfunkel. C’est une manière à l’ancienne – celle de Brassens également – qui reste cependant contemporaine. Comme Renaud et Souchon parlaient de leur époque il y a trente ans, à mon tour j’écris des textes évoquant notre société. Pour cela, je cultive le regard observateur, je cherche le détail.»

Hénin-Baumont alors. Un «coup de colère» au lendemain des élections municipales il y a trois ans de cela, l’histoire, fictive, du facteur qui tâche, porte après porte, d’imaginer ce que ses clients ont pu voter… «Des chansons engagées et assumées comme telles, il en faut, affirme Gauvain Sers. Et une chanson comme Hénin-Baumont, plus le temps va, plus je veux la chanter haut et fort.»

RenaudSa 22 juillet, 21 h, Grande Scène. Gauvain Sers, 18 h 45, Le Détour.

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