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Paléo lance la conquête de son pôle nord

Pour répondre aux contraintes du Nyon-St-Cergue, le festival s’étend direction Jura. Il gagne en espace mais n’augmentera ni ses tarifs ni sa capacité. Pari à risque assumé.

Daniel Rossellat en conférence de presse mercredi.
Daniel Rossellat en conférence de presse mercredi.
KEYSTONE

En été 2020, la 3e plus grande ville de Suisse romande sera 10% plus vaste, et possédera un tout nouveau quartier. Que cette ville se nomme Paléo et n’abrite ses 50 000 âmes quotidiennes que le temps d’une semaine ne rend pas moins délicate la gageure architecturale. Il a d’ailleurs fallu trois années de travail par le bureau «urbanisme» du festival pour accoucher du projet présenté mercredi dans les bureaux de l’association nyonnaise: en juillet prochain, la 45e édition du Paléo verra le plus important réaménagement de son terrain depuis son installation sur l’Asse, en 1990 (lire encadré). La faute à la ligne ferroviaire Nyon-St-Cergue, dont la construction du nouvel atelier-dépôt mangera une large langue à l’est du festival, qu’il employait au stockage de son imposant matériel.

«On a été contrariés mais beaux joueurs», euphémise Daniel Rossellat, président du festival et syndic de Nyon, qui a délégué le dossier dans l’un et l’autre de ses mandats. «On aurait pu retarder le chantier de deux ou trois années, mais on a préféré transformer cette contrainte en opportunité.» Soit oser son extension vers le nord, un potentiel de développement qui avait été imaginé mais jamais mis en œuvre, par refus affiché d’augmenter la capacité d’accueil et par crainte des plaintes riveraines. Mais depuis plusieurs années, le festival y louait déjà des champs. Au cas où.

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Ainsi, le Paléo nouveau aura la forme d’un carré aux scènes épinglées à chacun de ses coins, toutes dirigées vers l’intérieur du terrain. Le nouvel espace, au nord, abritera une grande scène open air, baptisée «B» en attendant mieux, capable d’accueillir un maximum de 15 000 personnes. Elle remplace la scène des Arches, crée en 2013 mais qui ne convainquit jamais pleinement, d’abord pour des soucis de son puis pour les fréquents embouteillages que provoquait sa disposition, lors des concerts de forte affluence. À son emplacement, aux abords de l’entrée principale élargie, un «espace thématique» suppléera à la disparition du Détour et proposera une scène offerte à un style musical particulier. Les spéculations vont bon train pour y voir une zone electro, mais «rien n’a été décidé» selon Rossellat, qui imagine tout aussi bien un tournus annuel de genres spécialisés, country, reggae ou folk irlandais.

Pour le reste, le Village du Monde demeure à l’extrémité nord-ouest du terrain, mais le chapiteau change d’orientation. La Grande Scène, le Club Tent, la Ruche et toutes les infrastructures situées dans le triangle sud et ouest sont inchangés.

L’espace gagné au nord (1,5 hectare) servira aussi à améliorer «les zones de décompression» et élargir les espaces dévolus aux stands, sans en rajouter plus qu’«un ou deux» mais avec l’espoir de fluidifier les files d’attente aux relais boissons et nourriture. Paléo ne se servira pas de cette extension pour augmenter le nombre des 35 000 billets mis en vente chaque jour. Et entend utiliser cette refonte structurelle pour marquer plus encore son versant écologique, avec une diminution souhaitée de – 25% de son empreinte carbone d’ici à 2025. Le festival va également lancer dès juillet un système de vaisselle consignée, afin de réduire l’usage unique. Lors de l’édition passée, pas moins de 1 million de gobelets ont été lavés durant les six jours de festivités.

Cette mue a un prix, lourd. L’investissement est chiffré à 850 000 francs, le coût annuel supplémentaire à 400 000 francs sur un budget de 27 millions. La première somme sera prélevée sur les réserves du festival, «bénéficiaire 9 fois sur 10 ces dernières années», rappelle-t-on. La seconde? Elle ne sera compensée ni par une augmentation du prix des billets ni par des mesures d’économie immédiates – et surtout pas sur l’artistique. Dit autrement: il faudra écrémer le bénéfice des futures éditions, ou assumer un déficit – ce à quoi est prêt Daniel Rossellat. «Ce n’est pas la bonne période pour augmenter nos tarifs», tranche-t-il. L’édition 2019 ne fut pas totalement complète, une première depuis quinze ans.

Nécessité faisant loi, ce réaménagement forcé aura pour premier gagnant le spectateur. Mais Paléo pourrait aussi sortir par le haut de cet «upgrade». S’il ne doit jamais oublier que le public vient écouter un artiste de renom (le mauvais score de l’édition achevée doit beaucoup à un fragile équilibre artistique durant le week-end), le rendez-vous nyonnais connaît aussi tout l’impact de son caractère social. Offrir plus d’espace et de confort ne peut que renforcer son attrait intrinsèque, en comparaison des festivals en forme de simples additions de concerts sur un terrain lambda. Chaque année, Paléo écoule ainsi 10 000 abonnements avant même d’avoir annoncé sa programmation.

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