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À l’Orangerie, l’esprit de la forêt Puck distribue ses rations de philtre amoureux

Dernier songe avant l’hiver, la création de Joan Mompart boucle l’affiche du théâtre d’été.

Puck règle le «Songe» de quatre comédiens en quête de texte.
Puck règle le «Songe» de quatre comédiens en quête de texte.
SOFI NADLER

Plus que jamais, le comédien et metteur en scène Joan Mompart s’affirme comme un artiste multiple. Un kaléidoscope sur pattes. Une mosaïque personnifiée. Chez lui, chaque nouvelle création à la fois récapitule et augmente les précédentes. Synthèse des savoir-faire accumulés en une décennie, cette production de sa compagnie Llum teatre, une variation sur le «Songe d’une nuit d’été» de Shakespeare, affine les influences passées, reconvertit les succès remportés, invente de nouvelles contraintes, mais susurre peut-être aussi les failles de son propre pluralisme…

L’intrigue, fameusement tarabiscotée, replie au moins deux fictions sur elles-mêmes: celle de quatre comédiens qui jouent deux pièces enchâssées; et celle de deux couples de Grecs aux passions non réciproques, qu’interprètent les Artisans dans l’une de leurs partitions. Véhicules entre ces niveaux superposés de réel, de songe ou d’identité: Obéron, roi des elfes, sa reine des fées Titania, et son lutin de valet, Puck. Clairement, le Joan Mompart amateur de Brecht (il a monté «L’Opéra de quat’sous» en 2016) jette son dévolu sur ces trois passeurs de théâtre, dont il confie les rôles respectivement à lui-même, Marie Druc et Philippe Gouin – son compagnon de jeu chez Omar Porras déjà. Aux références brechtiennes s’ajoute ainsi l’hommage au maître: scénographie, ombres et lumières, maniérismes et autres masques animaliers lorgnent du côté du créateur colombien désormais installé au Théâtre Kléber-Méleau de Renens.

Au tribut porrassien se greffe ensuite la thématique environnementale, un prérequis pour figurer à l’affiche de la nouvelle Orangerie. Aussi ce «Songe» écologiste avant l’heure s’organise-t-il ici autour d’un tas de terre qui matérialise les forces de la nature – et, partant, des pulsions humaines.

Habitué du Théâtre Am Stram Gram et des spectacles pour la jeunesse, Mompart agrémente encore sa mise en scène de mille facéties qu’il fait situer «entre Shakespeare et Walt Disney» par son protagoniste Puck. Citations de chansons de variété française et gestuelles clownesques achèvent ainsi de brouiller les registres, les époques, les degrés de réalité. Le spectateur en ressort diverti, réjoui, mais moins perdu devant les intrications de la comédie shakespearienne que devant les intentions hétéroclites du serviteur Mompart.

«Songe d’une nuit d’été» Théâtre de l’Orangerie, jusqu’au 29 sept. Fête de clôture le 29 dès 21 h, www.theatreorangerie.ch

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