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À l’Orangerie, deux femmes-araignées rendent l’espace urbain au règne végétal

Le tandem Les Fondateurs démantèle ses constructions au profit d’une nature débridée.

«Espaces verts», ou comment une végétation manufacturée reprend possession d’une ville en mousse polystyrène.
«Espaces verts», ou comment une végétation manufacturée reprend possession d’une ville en mousse polystyrène.
DR

«On vous invite à déambuler autour de l’installation et même à entrer et sortir librement de la salle», accueille Julien Basler, co-Fondateur avec Zoé Cadotsch des «Espaces verts» créés ces jours à l’Orangerie, dans le cadre de la 42e Bâtie. Certains profiteront de l’autorisation pour prendre la poudre d’escampette en pleine performance, c’est vrai. Les autres profiteront des cent minutes à disposition pour suivre un fil d’Ariane saturé de boucles, de nœuds et de ramifications.

Tandis que les interprètes Fiamma Camesi et Géraldine Chollet dévident leurs propres fils autour d’une maquette urbaine en mousse polystyrène, on songe évidemment à ladite Ariane, mais aussi aux Parques ou à Spiderman. Géantes en justaucorps noirs enjambant des barres d’immeubles qui leur arrivent à l’aine, elles déroulent lentement, puis en crescendo, les pelotes de laine contenues dans le ventre même des bâtiments. Fausses lianes envahissant du faux béton, on comprend qu’on se situe loin d’un écologisme simplificateur.

Du reste, aux protagonistes tant humains, pseudo-minéraux que simili-végétaux, il faut ajouter les apports d’un éclairage calqué sur la course du soleil, et d’une texture sonore diffusant chants d’oiseaux ou stridulations de grillons, musiques dues à l’homme et pulsations électro évoquant les rythmes d’une métropole. Nature et culture tour à tour captives ou artisanes de rets inextricables. Filles ou mères d’entrailles indémêlables. Tandis que le spectateur s’en remet à sa nature profonde pour appréhender le dispositif, les deux tisseuses s’interrompent ici et là pour prendre la parole parmi l’audience. Alimentation macrobiotique, souvenirs de scoutisme ou habitudes épilatoires, leurs confidences occupent un territoire à la frontière du brut et du raffiné, du vivant et du dérisoire.

Or les danseuses se tairont comme elles cesseront de tendre leurs guirlandes. Elles céderont la place aux claquements, grattements ou grincements d’une rythmique postapocalyptique. Et même une fois l’espèce humaine éradiquée, l’installation, elle, demeurera.

«Espaces verts» Théâtre de l’Orangerie, jusqu’à me 5 sept. à 21 h, www.batie.ch

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