Nouvelle Comédie: et si l’Etat se défilait?

Politique culturelleMCG et UDC s’opposent à la construction de la Nouvelle Comédie. Selon ces partis, la Ville n’en a pas les moyens.

La future «Maison du Théâtre» devrait contribuer à faire vivre ce quartier en construction.?

La future «Maison du Théâtre» devrait contribuer à faire vivre ce quartier en construction.? Image: DR

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Genève n’a pas seulement l’ambition de se doter d’un musée en phase avec son époque. Les arts de la scène aussi joueront leur avenir lors des sessions en plénière du Conseil municipal la semaine prochaine. Les élus auront à se prononcer sur le crédit de construction de la Nouvelle Comédie, projet magistral susceptible lui aussi de redessiner la vie culturelle genevoise. Le futur théâtre devrait remplacer la vieille dame centenaire du boulevard des Philosophes pour s’installer sur l’esplanade de la gare des Eaux-Vives. A l’institution de jouer le rôle que tient, pour l’art lyrique, le Grand Théâtre.

Tout cela fait beaucoup de millions pour la culture? Certes, mais à l’image du Musée d’art et d’histoire, la Nouvelle Comédie repose sur un partenariat, public cette fois-ci: le Canton devrait payer 45 des 98 millions de francs que coûte le projet. La promesse est belle, mais pour l’heure, impossible de savoir si les députés au Grand Conseil accepteront de libérer la somme nécessaire pour épauler la Ville dans cette édification. Le Conseil d’Etat soutient fermement cette position. Les élus, qui n’ont pas encore pu consulter le projet de loi, devraient, eux, se prononcer en cours d’année.

«En ce qui concerne le MAH, les préoccupations se sont avant tout portées sur le financement privé. Pour la Nouvelle Comédie, c’est le partenariat avec le public qui a soulevé de nombreuses questions», note le PLR Guy Dossan, président de la Commission des travaux et des constructions. Le vote du Conseil municipal, s’il devait s’avérer positif, pourrait être conditionné à la participation de l’Etat. «Mais que se passera-t-il si le Grand Conseil ne vote pas le projet?» Le Conseil administratif devrait alors revenir auprès du Conseil municipal pour proposer des alternatives, dont l’une serait que la Ville prenne l’entier de la facture à sa charge.

Le MCG et l’UDC ont fait savoir que, de toute façon, ils s’opposeront au projet. «Il s’agit d’une politique de dépense que nous ne comprenons pas, a commenté l’UDC Jacques Pagan. En l’espace de quelques heures, nous allons nous prononcer sur près de 120 millions de francs, ce qui correspond plus ou moins à l’ensemble de l’enveloppe annuelle dédiée aux constructions, alors que nous vivons une époque difficile.»

Traiter simultanément ces deux dossiers imposants constitue un risque. Le référendum sur le projet d’agrandissement du Musée d’art et d’histoire semble inévitable. Si des opposants décidaient, sur la Nouvelle Comédie, d’en lancer un également, les Genevois auraient à se prononcer en même temps sur deux lourds investissements culturels. «Ce type de dépenses reste un sujet délicat pour une grande partie de la population. Un vote conjoint, début 2016, risquerait de se solder par le refus des deux projets», analyse le PLR Adrien Genecand.

Pourtant, sur la Nouvelle Comédie aussi, le temps presse. Les travaux nécessaires à la future institution devraient commencer début 2016, afin de bénéficier de la fenêtre ouverte par le CEVA. Autre enjeu de taille: il s’agirait d’inaugurer le théâtre en même temps que la ligne ferroviaire, soit au début de 2019. Si rien ne devait s’y construire, un grand vide se ferait sentir dans ce quartier prêt à prendre vie. (TDG)

Créé: 11.05.2015, 20h57

L’institution créera de l’emploi

En 1987 déjà, le metteur en scène Matthias Langhoff déplorait les conditions de travail au sein de la Comédie. Aujourd’hui, personne ne conteste le fait que l’institution est trop vétuste pour remplir sa mission. Genève a besoin d’un espace qui corresponde aux nécessités de la scène théâtrale actuelle.

Le projet remonte à loin. C’est en 2005 que la Ville et l’Association pour la Nouvelle Comédie retiennent la future gare des Eaux-Vives comme site d’implantation. L’enjeu est aussi urbanistique: installer un lieu de création théâtrale au cœur d’un coin de ville en mutation. Le concours d’architecture, organisé en 2009, est remporté par Laurent Gravier et Sara Martin Camara de l’atelier parisien FRES. Outre une salle de 500 places et une «black box» modulable de 250 places, cette «Maison du Théâtre» abritera des locaux de répétition, des ateliers pour la construction de décors et des lieux de résidence. Le budget annuel passerait de 10 à 16 millions de francs, une somme que le magistrat Sami Kanaan assure être en deçà de ce que peuvent coûter les scènes internationales de même ampleur. A noter que l’Etat devrait aussi passer à la caisse, en contribuant à hauteur de 50%, contre 30% aujourd’hui. «Il faut souligner qu’ainsi nous augmenterons les emplois d’un bon tiers», indique Michel Kullmann, président de l’Association pour la Nouvelle Comédie. Et ces emplois concerneront les artistes locaux. «Une de nos missions sera de soutenir la création genevoise et romande. Un tel outil, contrairement à la Comédie actuelle qui n’en offre pas les conditions, nous permettra aussi de développer les coproductions et le théâtre d’accueil. Le cahier des charges vise également à valoriser les métiers de la scène et à proposer un programme de médiation culturelle.»

A.VA.

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