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Décryptage d'une œuvre de street art au Lignon

Une peinture au pochoir de l'artiste français Goin est apparue dans le parking des tours.

DR

Il a le regard trop vieux et le ventre gonflé de ceux qui ne connaissent que la faim. Le bonnet rouge qui coiffe sa misère en guenilles souligne cyniquement tous les Noël qu’il ne célébrera jamais: avec son chapeau de fête et son doigt maigre résolument pointé vers le ciel, le garçonnet hâve s’affiche comme un cri muet dans le béton. Ce pochoir poignant, réalisé en décembre par le street artist français Goin, se découvre en bas de la rampe du parking sis au pied de la grande tour du Lignon. Sprayé sur le ciment, l’enfant émerge derrière un monceau de rebuts qu’il semble fouler de ses pieds nus.

Intitulée «Make a wish», l’œuvre rappelle le style de Banksy. D’ailleurs, comme le célèbre graffeur britannique, Goin avance masqué: dans un entretien rare accordé en 2018 à France 3, il apparaît ganté et cagoulé, la voix modifiée. On peut toutefois le questionner par courriel. Comme pour épaissir encore son mystère, il répond en anglais et invite à appeler son manager germanophone. «Je veux protéger ma vie privée, justifie cet insoumis de l’ombre. Il me plaît que chacun m’imagine. Peut-être suis-je un homme, une femme ou même plusieurs personnes?» Au gré de cet amusant jeu de piste, on apprend que les murs du monde entier servent son message frondeur et incisif depuis 1999, et qu’il connaît bien Genève, où il a peint diverses pièces.

Le garçon du Lignon s’inscrit dans les thèmes de choix de l’artiste, dont la bombe en colère dénonce les méfaits de la globalisation et des armes, l’hypocrisie des puissants et l’abrutissement des foules. Détournant slogans et symboles (des personnages de Walt Disney, par exemple), Goin délivre des images qui giflent les consciences et interrogent les comportements. Inviter une allégorie des famines d’Afrique dans un débarras sauvage en témoigne: «Notre consommation nous mène dans l’impasse, assène celui qui plaide la non-violence. On en veut toujours plus sans réaliser qu’on y perd des ressources, de l’amour et du temps, aux dépens des pays du tiers-monde.»

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