Nicolas Julliard ne s’appellera plus Fauve

MusiqueLe chanteur genevois n’en pouvait plus d’être confondu avec le groupe français Fauve ≠. Il a décidé de changer de nom.

Nicolas Julliard, ex-Fauve, mais toujours excellent musicien.

Nicolas Julliard, ex-Fauve, mais toujours excellent musicien. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Sa musique est une fleur merveilleuse au cœur de l’univers pop rock, un discours intimiste qui, soudain, s’envole dans d’ébouriffantes digressions lyriques. Mais son nom de scène posait problème: Fauve, Nicolas Julliard à la ville, talentueux chanteur compositeur vaudois d’adoption, par ailleurs journaliste radio, n’en pouvait plus qu’on le confonde avec son presque homonyme.

Fauve≠, avec le signe d’inégalité devant, ne compte que deux ans de carrière. Mais ce groupe français cartonne, c’est le moins qu’on puisse dire. Les médias hexagonaux ne parlent que d’eux, les programmateurs se les arrachent. Et le badaud, dans la rue ou sur la Toile, n’en finit pas de discuter de cette accession éclair au rang de vedette. Comment, dès lors, poursuivre une carrière bien à soi sans se faire littéralement bouffer par ce faux jumeau particulièrement envahissant?

Nicolas Julliard, du haut de ses deux albums studio – Fauve en 2006 et Clocks’n’Clouds en 2011 – n’avait plus d’autre solution que de sacrifier son pseudonyme. Destin contrariant pour ce Genevois de naissance, lequel, après avoir tenu la guitare dans le groupe Illford, avait d’abord signé Sombre. Avant de choisir cet élégant alias qu’on ne lui connaît plus désormais. Sinon une toute dernière fois ce soir au Bourg, à Lausanne (dès 20 h 30), où le musicien participe au projet LP avec de vraies fausses reprises totalement imaginaires…

Fauve le Suisse était un poète. On ne peut pas en dire autant du groupe français. Parue hier sur le site des Inrocks, magazine qui avait défendu le musicien en le sélectionnant dans la compilation Ceux qu’il faut découvrir en 2003, une missive de Nicolas Julliard crie son désarroi face à la concurrence inégale avec l’homonyme. La lettre évoque ce nom qui, en dix ans d’une carrière exemplaire, était devenu «comme un prénom». La mauvaise nouvelle ressemble à une nécrologie. Mais l’homme, et a fortiori sa musique – élément majeur dans le paysage du rock helvétique «indé» – ne vont pas se taire pour autant.

Il s’appellera désormais? «Je n’ai pas encore de nom, je me laisse le temps de choisir. Cette histoire m’a secoué et m’incite à essayer d’autres choses. Pourquoi pas de l’expérimental? Tant qu’à trouver une nouvelle identité, autant trouver un nouveau son!»

L’histoire peut paraître anecdotique. Elle est révélatrice d’un monde impitoyable. Nicolas Julliard a souffert, dit-il, d’un groupe «arrogant», qui n’a jamais, même à ses débuts il y a deux ans, daigné changer de nom lorsque le chanteur suisse le lui a demandé. «Etant dans le milieu indépendant de la musique, pareille attitude me semblait impossible.» (TDG)

Créé: 31.01.2014, 08h54

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.