Passer au contenu principal

Neuf jeunes migrants filment leur quotidien

La fondation Act on your future leur a fourni matériel, tuteurs et formation. Le Festival des droits humains diffuse leurs courts-métrages.

Les vidéastes d’IRIS dans une salle de karaté. Le sport tient une place de choix dans l’intégration des jeunes migrants.
Les vidéastes d’IRIS dans une salle de karaté. Le sport tient une place de choix dans l’intégration des jeunes migrants.
IRIS/DR

«On est venu ici pour une vie meilleure. Rappelle-toi qu’on vient d’un pays où il n’y avait pas d’opportunités. Ici il y en a. Il faut les saisir. À toi de le faire!» Dans cette petite chambre d’un centre d’accueil genevois, la lumière est douce mais la réalité cruelle. Ramin Ghafarzadeh tente de remonter le moral d’un compatriote déboussolé. Les deux Afghans vivent l’exil différemment. Ramin a le sport, la boxe, l’apprentissage du français; il se cherche une formation. Mécanicien, informaticien, acteur peut-être. Coach de fitness, plus probablement. Son ami, lui, «mange et dort, dort et mange». Dans son film, Boxe, Ramin résume les difficultés rencontrées par les jeunes migrants.

Ils sont huit comme lui, vivant dans les centres d’accueil de l’Étoile, Frank-Thomas et Appia, à avoir raconté leur vécu en images. La fondation impliquée dans la sensibilisation des jeunes aux droits de l’homme Act on your future, connue pour son prix de photographie, leur a fourni du matériel vidéo, une formation et des tuteurs, afin de réaliser des courts-métrages diffusés lors du FIFDH (Festival du film et forum international sur les droits humains).

«La période entre 18 et 25 ans est une phase sensible. Beaucoup de soutien est apporté aux mineurs, nettement moins aux jeunes adultes. Ceux-ci véhiculent une image stéréotypée de «prédateurs» qui les dessert énormément», résume Keyvan Ghavami, président et co-fondateur de Act on your future. «D’entente avec l’Hospice général, nous voulions offrir la possibilité à ces personnes, qui maîtrisent parfois mal le français, de raconter par l’image leur expérience d’intégration à Genève.»

Lettre poignante à ses parents

En outre, la fondation aimerait faire reconnaître cette expérience comme un stage, la formation constituant à l’évidence un élément-clé. En atteste le court-métrage Cité des métiersde Natnael, un Érythréen de 25 ans. Escortés par l’épatant Hacène Ouahmane, les jeunes se mettent en chasse d’une place: «Du travail, du travail! scande l’éducateur qui conduit sa troupe à la Cité des métiers. On va rencontrer des employeurs, les gars. Vous avez vos CV?»

Faysal est Somalien. Khodadad Hafezi, Zia Amini, Ramin Ghafarzadeh et Bakhtiyar Rezaii, Afghans. Siem, Natnael, Hafiz et Teklu, Érythréens. Ils disent tous la tristesse d’avoir été séparés des leurs. Le poignant Lettre à mes parents de Faysal, 18 ans, le plus jeune participant au projet IRIS (Intégrations: récits en images), raconte sur des paysages d’ici bellement filmés le départ de là-bas, les périls, la tristesse, l’espoir aussi: «Maman, Papa, aujourd’hui il m’est indispensable d’agir en accord avec la culture de ma société nouvelle. Je dois apprendre leur langue, parce que c’est la clé de la vie. Les succès et les échecs sont dans nos mains. Maman, Papa, un jour vous serez fiers de moi.»

IRIS Intégrations: récits en images au FIFDH, jeudi 15, 19 h, Grütli, projection suivie d’une table ronde, et dimanche 18, 17 h, Maison du quartier des Eaux-Vives. www.fifdh.org

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.