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Warhaus, l’intriguante romance d’un dandy rock

C'est en duo avec Sylvie Kreusch, plus qu'en simple solo, que le chanteur Maarten Devoldere poursuit son projet hors du groupe Balthazar .

Warhaus, projet solo du Belge Maarten Devoldere, du groupe Balthazar, devient duo avec son alter ego féminin, la chanteuse Sylvie Kreusch.
Warhaus, projet solo du Belge Maarten Devoldere, du groupe Balthazar, devient duo avec son alter ego féminin, la chanteuse Sylvie Kreusch.
DR

C’est un cadavre exquis, un patchwork foisonnant, qui rappellera, et c’est réjouissant, les débuts des compatriotes dEUS. C’est le son particulier que livrent ensemble les instruments de la section rythmique, basse et batterie presque étouffés, relevés a contrario par les sonorités cristallines de la guitare, plus tard des cordes ou des percussions. Ainsi de Dangerous, un clavier en contrepoint suggère un espace élargi, mais brumeux. Puis encore Bang Bang, qui débute comme une ballade rock classique et se transforme avec les cuivres et les chœurs pour devenir, dans l’abondance des timbres, la luxuriance des arrangements, presque un big band.

«Love's A Stranger», par Warhaus

Warhaus, projet solo de Maarten Devoldere, chanteur échappé du groupe Balthazer, a le swing lent, qui lorgne du côté de Jarvis Cocker, de Tom Waits aussi, de Leonard Cohen surtout, pour le dandysme sauvage comme pour le chant traînant.

«Je fais l'imbécile»

Où bien des plaisirs se lovent dans les refrains tel ce Fall In Love With Me. Un homme répond à une femme, Maarten Devoldere rencontre Sylvie Kreusch, du groupe Soldier’s Heart. Son alter ego, sa muse, et vice versa. Ces deux voix en équilibre donnent à l’ensemble son aspect narratif, telle une intrigue de polar, un pas de deux virant de la bluette au cauchemar. On pourrait citer encore les Murder Ballads de Nick Cave. Les alibis ne manquent pas, qui préfigurent ce crime parfait. «Composer des mélodies qui donnent envie de chanter ensemble, qu’est-ce donc, sinon la recherche d’une fille…», avoue Maarten Devoldere. Voilà en effet autant de chansons aux manières des plus classiques: «Je cherchais un son vintage, low-fi, tout en m’intéressant à des arrangements kitsch, quelque chose qu’on reconnaisse sans détour, comme ce serait le cas au cinéma. J’embrasse des clichés que j’assume. Ces thèmes dégagent, je crois, une certaine intimité, comme si elles provenaient d’une chambre à coucher».

Et puis encore cette excellente reprise par Warhaus, Sylvie Kreusch au chant, de «Lovesick», de Lingstrom et Christabelle, captée par la radio belge Studio Brussel le 4 septembre 2016

On retient par-dessus tout Love’s A Stranger, pièce maîtresse en ce qu’elle ouvre et marque de son pas dansant l’ensemble de l’album, puis résonne encore lorsque l’écoute s’achève. «Je voulais des instruments légers comme la pluie d’été», suggère Maarten Devoldere. Qui ne cache pas son attrait pour «un romantisme pétri de beaux sentiments». Ce romantisme, néanmoins, ne se départ jamais d’une certaine «noirceur», sans faire de fiction, Devoldere évoque ses propres sentiments, mais pas sans fantasmes: «C’est une Lolita qu’on croit innocente mais qui ne l’est pas du tout. J’essaie de contrôler la situation, je suis un malin, je fais l’imbécile, je quémande auprès des femmes… Et si tout part en vrille, tout m’échappe, j’adore ça!»

«Warhaus» Warhaus (PIAS). En concert à l’Usine à Gaz, Nyon, ve 24 nov.

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