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Le violoniste Tobias Preisig explore ses espaces intérieurs

En concert à Renens, le musicien sort «Diver», plongée en solo dans les tréfonds de ses cordes. Interview.

Tobias Preisig, explorateur en solo des mystères du violon sur son dernier album «Diver», qu’il présente en live vendredi à la Ferme des Tilleuls de Renens.
Tobias Preisig, explorateur en solo des mystères du violon sur son dernier album «Diver», qu’il présente en live vendredi à la Ferme des Tilleuls de Renens.
VANESSA CARDOSO

Pour se vouer aux quatre cordes du violon, il n’est pas indispensable d’embrasser la carrière d’interprète classique. Pas même de se poser en héritier de Stéphane Grappelli, figure du jazz manouche.

Le Zurichois Tobias Preisig cherche depuis des années sa propre voie sur un chemin qui, sans récuser des penchants jazz ou classique – il s’est abreuvé à ces deux mamelles –, s’en distancie avec détermination. Fasciné par l’electro, l’ambient, le drone, l’exilé berlinois a déjà fait pulser le rythme avec Egopusher, son duo avec le batteur Alessandro Giannelli, ou cherché, dans des églises, les courants ascensionnels en compagnie de Stefan Rusconi à l’orgue, sous le nom de Levitation.

Le musicien de 38 ans, que l’on a souvent eu l’occasion d’entendre au Cully Jazz Festival – et la cuvée 2020 ne fera pas exception –, arrive en cette fin de semaine à la Ferme des Tilleuls de Renens pour y vernir son album «Diver». Un enregistrement de huit titres pendant lequel le violoniste s’est plongé dans une recherche sans filet dans les sonorités de son instrument, explorant au gré de ses improvisations ses paysages intérieurs.

«J’étais complètement perdu dans ces espaces sonores, c’était très beau», se remémore le musicien. «J’avais déjà donné des concerts solos – au château de Chillon pendant le Montreux Jazz par exemple – mais je n’avais jamais réussi à enregistrer cette démarche de manière satisfaisante. Je finissais toujours frustré. Cette fois, grâce au producteur Jan Wagner, j’avais une oreille extérieure qui me permettait de viser un album.»

Boucles hypnotiques

Uniquement augmenté de reverb et d’une once de synthé qui lui sert de socle de basses, «Diver» ne creuse que les possibilités d’un violon qui serpente par boucles hypnotiques aux confins des zones de confort de son auteur. L’époque est aux musiciens qui détaillent volontiers les infimes variations nichées dans les transes de la répétition. En tant que Zurichois, Tobias Preisig connaît évidemment le travail du pianiste Nik Bärtsch dont il a même profité des locaux de répétition. «Quand on répète une note, elle n’est jamais pareille, elle devient toujours plus profonde… J’adore ça, j’y trouve un côté vaudou. Et comme me le répétait mon professeur Richie Beirach: plus une structure est simple, plus elle peut absorber de complexité.»

Avec son lyrisme minimal qui n’est pas sans résonances néoclassiques, «Diver» va lui permettre d’investir de nouveaux espaces, après les clubs et les églises. «Des galeries, des squats, une grande scène, un salon?» Ou une ferme. Comme à Renens, où il vient avec les projections de l’artiste visuel Jonathan Braun.

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