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Des sous pour les rockers genevois!

Les bourses de la Ville pour les musiques actuelles consacrent la scène genevoise émergente.

Duck Duck Grey Duck, trio néo-psychédélique d'ascendant soul avec Nelson Schaer et Robin Girod (manque Pierre-Henri Beyrière, représenté par le poussin empaillé au premier plan…).
Duck Duck Grey Duck, trio néo-psychédélique d'ascendant soul avec Nelson Schaer et Robin Girod (manque Pierre-Henri Beyrière, représenté par le poussin empaillé au premier plan…).
Georges Cabrera
Christophe Polese alias POL, musicien électronique actif depuis près de vingt ans.
Christophe Polese alias POL, musicien électronique actif depuis près de vingt ans.
Georges Cabrera
Portraits du groupe 'Massicot' dans son local de la Rue Lissigol, le 15 juillet 2013Image: DR
Portraits du groupe 'Massicot' dans son local de la Rue Lissigol, le 15 juillet 2013Image: DR
Georges Cabrera
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Ils sont rock, les artistes genevois primés par la Ville de Genève. Et ils reflètent assez justement l’état actuel d’une scène locale particulièrement florissante ces dernières années. Attribuées tous les deux ans, les bourses pour les musiques actuelles, dotées de 40 000 francs chacune, ont été décernées jeudi à quatre figures majeures du cru, sélectionnées parmi 26 candidats. Voici Duck Duck Grey Duck et son style néo-psychédélique d’ascendant soul. C’est le trio incontournable du moment. Puis encore Promethee et son metal virtuose, courant qui fait son apparition pour la première fois ici. Ce sont les plus jeunes du palmarès, 27 ans d’âge en moyenne mais déjà deux albums à leur actif. Quant au groupe féminin Massicot et ses rythmiques hypnotiques, il représente de loin le projet le plus expérimental de cette fournée. Pas de jazz cette année? Non, que du rock. A l'exception, tout de même, de POL. Christophe Polese, de son vrai nom, travaille depuis près de vingt ans à de subtiles compositions électroniques. L’homme, fameux dans le paysage culturel, pourra enfin, de son propre aveu, payer dans les temps le loyer de son studio d’enregistrement.

Si la somme octroyée à chacun de ces artistes est substantielle – d’aucuns préféreront sans doute le terme dispendieux – elle tombe à pic pour ces artistes dont le quotidien frôle souvent la précarité. Le marché de la musique est tel, aujourd’hui, que la plupart des musiciens genevois engagés à plein temps dans leur métier n’en retirent que de maigres revenus. En effet, le rocker, lorsqu’il ne sacrifie pas à la mode, intéresse rarement, voire jamais, les sponsors et autres mécènes.

«Ces bourses mettent en valeur la diversité d’une scène locale excellente de par sa qualité, mais qui a besoin d’aide.» Tels sont les mots de Dominique Berlie, conseiller aux musiques actuelles du Département municipal de la culture et du sport, qui délivre ces bourses. Il ajoute: «Ces quatre lauréats ne sont clairement pas dans le mainstream – ce qui, il faut le préciser, ne constitue nullement un critère rédhibitoire à l’obtention de la bourse. En revanche, de tels projets possèdent un caractère artistique très fort.»

Des artistes de caractère, le mot convient parfaitement à Robin Girod. Ce guitariste et producteur prolifique, impliqué dans nombre de projets, fait partie du groupe primé Duck Duck Grey Duck. En 2013, n’était-il pas déjà lauréat avec les Mama Rosin? Du point de vue du critique musical, ces deux projets relèvent de la frange la plus dynamique et créative de la scène genevoise.

A quoi servent concrètement ces aides financières? Des précédents lauréats, en 2013 puis en 2015, on retient les réalisations suivantes, décrites par Dominique Berlie. Le groupe de blues Hell’s Kitchen a pu passer à une étape supérieure de sa carrière en travaillant sur un album particulièrement abouti. Le musicien électronique Franz Treichler, qui connaît déjà une longue carrière avec les Young Gods, a pu développer ses différents projets personnels, en collaboration avec la danse notamment. L’ensemble afro-rock l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp a obtenu une couverture importante des médias nationaux, voire internationaux. Et le groupe de jazz Orioxy, bien que disparu aujourd’hui, a littéralement explosé sur scène en réalisant de nombreux concerts en France et en Allemagne. Conclusion de Dominique Berlie: «Ces bourses, c’est la confirmation de l’émergence.»

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