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La «vieille dame» fait peau neuve

C’est officiel, entre 2018 et 2020, le siège historique de l’institution connaîtra une profonde transformation. Son entrée dans la modernité est entièrement financée par les privés.

Un plan de coupe du siège du Conservatoire sur la place Neuve.
Un plan de coupe du siège du Conservatoire sur la place Neuve.
GMAA

Dans le langage administratif, on appelle cela un «permis de construire en force». Sa vertu principale? Celle de clore définitivement le temps des recours et des oppositions à un projet architectural. Sésame d’une valeur considérable, cette autorisation est, depuis quelques jours, dans les bureaux du Conservatoire de Genève et elle permettra de remanier de fond en comble le siège historique de l’institution, à la place Neuve. Dans les annales de l’auguste bâtisse, un nouveau chapitre s’écrira donc dès juin 2018, et une nouvelle ère débutera aussi avec la fin du chantier, prévue deux ans plus tard. Que dit ce récit qui se conjugue au futur proche? Il rappelle tout d’abord l’état de cet immeuble emblématique, le vieillissement des espaces qui le constituent et l’inadéquation, aussi, de sa morphologie et de ses équipements eu égard aux normes strictes en vigueur dans le domaine.

Une robuste cure de jouvence s’imposait donc. Elle se déploiera après un processus de préparation qu’on pourrait considérer comme exceptionnel à Genève. En une année et demie seulement, un jury composite a choisi le projet de réfection le plus convenable. Les trois architectes associés du bureau genevois GMAA, Christophe Ganz, Antoine Muller et Tiziano Borghini, ont été désignés. Puis, à pas rapprochés et rapides, le projet a vu le jour, a été rendu public et a été soumis aux dernières autorisations le 8 avril dernier. Près de deux mois plus tard, en l’absence d’oppositions, il a été entériné. La portée des interventions qu’il prévoit est de taille; elle fait dire à la directrice du Conservatoire Eva Aroutunian que «la structure, avec ses technologies et ses trouvailles, entrera enfin dans la modernité tout en gardant les grandes lignes originales qui en font le charme». Pour mesurer l’ampleur du chantier à venir, il faut se rendre au siège de GMAA. Placés sous le toit d’une vieille bâtisse, les bureaux regroupent une trentaine de collaborateurs. C’est ici qu’Antoine Muller déroule les plans et explique les grands axes de la restauration.

Seize nouvelles salles

La plus importante, ne serait-ce que pour le symbole, est sans doute celle sur la grande salle, qui peut accueillir 350 spectateurs et qui brille depuis toujours par ses qualités acoustiques. Ici, tout ou presque est à refaire. «Un des aspects importants a consisté à retrouver et reconstituer les éléments picturaux présents à l’origine, en 1857, qui décoraient les murs et le plafond de la salle, note Antoine Muller. Nous avons travaillé avec une entreprise spécialisée pour ôter les cinq couches de peinture qui se sont succédé à travers les âges, jusqu’à atteindre l’originale.» Par ce procédé méticuleux, la salle retrouvera ainsi ses teints de jeunesse. Mais il y a davantage ailleurs: sa scène sera agrandie et rendue modulable, selon les besoins des concerts. Son acoustique sera améliorée et protégée, grâce notamment à des portes insonorisées. Du point de vue sécuritaire, les plans d’accès et d’évacuation seront entièrement remodelés, tandis que de nouveaux sièges donneront davantage d’espace entre les rangées.

Tout autour de cette pièce maîtresse, une nouvelle morphologie se dessinera, sur le front de l’accueil et de la convivialité, notamment, avec la création d’une cafétéria. Quant à l’enseignement de la musique, il pourra compter sur seize nouvelles salles au rez inférieur. Tandis que le répertoire de musique de chambre jouira d’un espace réaménagé au premier étage et que le lyrique s’épanouira dans une petite salle de théâtre conçue spécialement. En rivant le regard vers les profondeurs de la structure, on constatera le dégagement, par excavation, de nouveaux volumes. Ils seront destinés aux séances de répétitions des musiciens, et on y placera aussi un local technique, entièrement insonorisé. Bref, le Conservatoire quittera d’un seul coup le XIXe siècle pour s’installer avec fierté dans le XXIe. L’opération réjouit particulièrement Nicolas Jeandin, président de la Fondation du Conservatoire, qui salue la collaboration fructueuse avec la Commission des monuments, de la nature et des sites du canton (CMNS). «Nous avons œuvré en pleine entente, accompagnés d’experts qui ont toujours manifesté un grand amour pour le bâtiment et qui ont tout fait pour concrétiser une transformation profonde, sans dénaturer pour autant l’édifice.»

Sur le plan comptable, l’opération s’avère tout aussi gagnante. Entièrement financés par une fondation genevoise, avec la participation de la Loterie Romande, les travaux ne coûteront rien aux collectivités. Une économie pour la Ville et le Canton que les acteurs du projet ne dévoilent pas pour l’heure, mais qui, selon des sources bien informées, dépasserait les 20 millions de francs.

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