Verbier Festival, le cap conquérant

ClassiqueL’affiche de l’édition 2019 consolide les acquis. Des mutations s’amorcent pour l’avenir

Le chef d’orchestre russe Valery Gergiev est depuis l’été passé le directeur musical du Verbier Festival. Il a succédé à Charles Dutoit.

Le chef d’orchestre russe Valery Gergiev est depuis l’été passé le directeur musical du Verbier Festival. Il a succédé à Charles Dutoit. Image: NICOLAS BRODARD

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Des cimes alpestres valaisannes aux sous-sols chics lausannois. Voilà le chemin qu’ont parcouru les responsables du Verbier Festival depuis le mois d’août dernier, lorsque la 25e édition du rendez-vous musical a fermé ses portes. Aujourd’hui, après les grands fastes de l’anniversaire – fêté avec une palette impressionnante de stars – l’heure de se tourner vers l’avenir est déjà arrivée: il est temps alors de découvrir l’affiche de la prochaine cuvée. Où partager ce moment topique du festival? Dans un lieu résolument insolite, à savoir dans les étages souterrains d’un palace lausannois. C’est ici, attablés aux côtés des fourneaux des cuisines et des chefs en plein coup de feu, que le directeur et fondateur de l’événement, Martin Engstroem, et son équipe rapprochée ont donné rendez-vous à la presse.

La pédagogie au centre

L’exercice de communication, étonnant et convivial, a surtout rappelé combien la station valaisanne parvient, été après été, à aimanter les interprètes incontournables de la planète classique. Les fidèles du festival retrouveront ainsi les grands noms qui en ont fait la réputation: les Evgeny Kissin et les Grigory Sokolov, les Mischa Maisky et les Daniil Trifonov, les Matthias Gœrne et les András Schiff. À cette cascade d’étoiles s’ajoutent d’autres noms tout aussi indispensables, et des projets ambitieux aussi. Un exemple? L’imposant opéra de Richard Strauss «La femme sans ombre», fortement voulu par le directeur artistique, le chef Valery Gergiev. Présentée en version de concert, la production mobilisera de gros effectifs et marquera à coup sûr l’édition à venir.

Par-delà ses traits les plus spectaculaires, le festival poursuit son programme pédagogique, à travers sa célèbre Academy. «Il faut rappeler que sur les 10 millions de francs mis à notre budget, 4,5 sont consacrés à ce volet particulier», note le directeur du secteur et responsable des projets spéciaux, Stephen McHolm. «Parmi les festivals qui présentent des orchestres de jeunes, le nôtre continue d’être le mieux noté et le plus plébiscité», ajoute Martin Engstroem. Enfin, le volet «Unlimited», autrefois considéré comme la face off de la manifestation, poursuit sur sa lancée, en surfant sur le grand succès de l’été passé. Ici, on aligne des propositions pour la plupart gratuites, et on jette des passerelles entre les disciplines et les styles musicaux.

Des chiffres confortants

Avec ce dernier projet, le festival tente d’attirer une partie de ces spectateurs – entre 10 000 et 15 000 personnes pour chaque édition – qui séjournent ou passent brièvement par Verbier, consomment des spectacles mais ne franchissent pas pour autant le seuil de l’offre payante. Leur conquête est plus que souhaitable. Car Martin Engstroem le laisse entendre, le financement de la manifestation demeure délicat et fragile: «Le matin qui suit la fermeture du festival, je pense à la suite, en sachant qu’il faut à chaque fois trouver dix millions pour que cela puisse continuer.» En attendant, les derniers chiffres semblent écarter les nuages. En 2018, la billetterie a généré 2,71 millions, en bondissant de 21%. Les spectateurs dans les salles ont été près de 66 000, ce qui constitue une augmentation de 39% par rapport à 2017. Un socle solide sur lequel bâtir un nouveau quart de siècle musical en Valais.

Verbier Festival, du 18 juillet au 3 août 2019. Rens. et programme www.verbierfestival.com (TDG)

Créé: 06.12.2018, 18h05

Le théâtre bientôt de retour

Pendant près de dix ans, le directeur du Verbier Festival, Martin Engstroem, a voulu donner à son événement des allures de plateforme pour les arts de la scène. Le théâtre et la danse y occupaient alors une place de choix, à côté de l’offre musicale. Les invités offraient parfois des spectacles étonnants, tel ce «Médée» joué par Maia Morgenstern en 1995 à plus de 2000 mètres d’altitude. «L’ancienne directrice du Théâtre du Rond-Point à Paris, Michelle Kokozowski, soignait ce volet du programme et attirait beaucoup de grands noms», se souvient le directeur. Les contraintes budgétaires ont fini par écarter cette ambition scénique. «Mais le 25e anniversaire et la préparation du livre qui retrace cette histoire m’ont donné envie de reprendre ce filon, ajoute Martin Engstroem. Dans les éditions à venir, nous allons donc réfléchir à des projets qui feront dialoguer musique, théâtre et danse.» R.Z.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Brexit: Theresa May à Bruxelles
Plus...