Valery Gergiev, un acmé en trois actes

ClassiqueEn concert jeudi, le chef russe et son Orchestre du Théâtre Mariinsky ont quitté le Victoria Hall sous les ovations

Le chef d’orchestre Valery Gergiev est, depuis 1996, directeur général du Théâtre Mariinksy à Saint-Pétersbourg.

Le chef d’orchestre Valery Gergiev est, depuis 1996, directeur général du Théâtre Mariinksy à Saint-Pétersbourg. Image: GETTY IMAGES

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Parmi ses quelque centaines d’escales annuelles, enchaînées à une allure endiablée, il y a celle de Genève, qui s’inscrit depuis plusieurs saisons dans une sorte de tradition. Il faudra mesurer un jour, avec du recul, la chance et la portée qu’aura constitué le retour régulier, sous nos latitudes, du chef Valery Gergiev et de ses protégés de l’Orchestre du Théâtre Mariinsky. On saisirait alors entièrement la profondeur des expériences musicales que ce maestro charismatique a su générer à chacune de ses apparitions sous les ors du Victoria Hall.

Jeudi soir, une autre page indélébile a été écrite: invité dans le cadre de la saison de l’agence Caecilia, le Russe a retourné la salle en trois mouvements. Avec le célèbre «Prélude à l’après-midi d’un faune», de Claude Debussy, tout d’abord. Premières notes de la flûte traversière, et c’est tout de suite l’étonnement. Le tempo est distendu, très distendu. Le doute n’a pourtant pas le temps de prendre forme, car cet allant posé ne fait que rendre plus noble l’éclosion de l’œuvre. Les agencements entre vents et archets s’enchaînent et glissent avec un naturel stupéfiant. Des légatos d’une élégance rare confèrent à cette pièce une dimension onirique qu’il est si difficile de traduire sur scène. Avec Gergiev, on se surprend alors à entendre des lignes qu’on croit découvrir pour la première fois et on assiste à un exercice instrumental d’une précision diabolique.

Du grand art, donc, qu’on retrouve dans une tout autre dimension avec les extraits de «Cendrillon», de Prokofiev. Que dire ici sinon que la cohésion des violons, la richesse des couleurs et des tensions chez les cuivres («Mazurka» et «Grande Valse» simplement renversantes), les beautés rondes des bois et des clarinettes, en particulier, ont laissé sans voix. Avec ses dynamiques et sa virtuosité, le Mariinsky a mis l’auditeur sur un grand huit. La preuve avec le troisième acte de la soirée, le poème symphonique «Ein Heldenleben op. 40», de Richard Strauss. De ses six tableaux si riches de thèmes, de trouvailles harmoniques et rythmiques, on retiendra encore la performance intense du Konzertmeister, pièce maîtresse sur l’échiquier de Gergiev. Un bis plus tard – le «Prélude» au troisième acte du «Lohengrin» de Wagner – et la troupe a quitté la salle comme toujours, sous de longues ovations. (TDG)

Créé: 11.01.2019, 18h18

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