Le tuba se fait tout beau

Concerts Du 5 au 7 mai, le premier Geneva Tuba Festival explore un instrument en pleine mutation, du classique au jazz.

En mai, le tuba est roi, avec le soliste hongrois Roland Szentpáli dimanche au Conservatoire.

En mai, le tuba est roi, avec le soliste hongrois Roland Szentpáli dimanche au Conservatoire. Image: DR

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Neuf mètres de tuyauterie enroulée sur elle-même, un poids moyen de quinze kilos pour l’une des tessitures les plus graves de tous les cuivres. Pataud en apparence, le tuba, pourtant, est capable de douceur, d’expressivité et de vélocité aussi. Qui l’eût cru! Longtemps confiné aux fanfares et autres harmonies champêtres, l’instrument revendique aujourd’hui une place de choix dans la création contemporaine, classique, jazz et musiques improvisées. Tout ce que défend le premier Geneva Tuba Festival, organisé dans la grande salle de concert du Conservatoire, du vendredi 5 au dimanche 7 mai.

Depuis une vingtaine d’années, en effet, le tuba connaît un intérêt croissant parmi les souffleurs, lesquels développent de nouvelles techniques de jeu. Double son, triple son, effets sonores divers et variés: les musiciens innovent en se nourrissant de ses origines. Tel le «serpent». Un tube, lui aussi, dont l’aspect évoque l’animal rampant. Voilà l’ancêtre du tuba, qui accompagnait au XVIe siècle les processions dans les églises. On doit son retour à la redécouverte du répertoire ancien. On le fabrique à nouveau, comme c’est le cas du facteur suisse d’instruments Stephan Berger, qu’on entendra en conférence dimanche 7 mai (15 h). Et l’on en joue, à l’instar de Michel Godard, virtuose français naviguant du jazz à l’improvisation, en concert dimanche également (16 h 30).

Une grande famille

Mais ce n’est pas tout. Il faudra compter également avec l’ophicléide. Avant l’arrivée, à la fin du XIXe siècle, du tuba dans l’orchestre symphonique, l’ophicléide faisait ronfler tout seul la grande musique de l’ère romantique. Celui-là aussi connaît un regain d’intérêt. Sommité du tuba classique, le Hongrois Roland Szentpáli attaque volontiers une petite sérénade à l’ophicléide. On l’écoutera attentivement dimanche à midi.

Il faudrait mentionner encore le saxhorn, l’euphonium, le contre-tuba ou encore le sousaphone. Le tuba et ses consanguins composent une très large famille. «On trouve là une centaine d’instruments, du plus petit au plus gros», indique Fabien Wallerand, codirecteur du festival. Cet enseignant forme une demi-douzaine de tubistes dans le cadre de la Haute Ecole de musique de Genève. «On peut commencer à 7 ou 8 ans avec un tuba ténor, avant d’aborder, adolescent, le tuba basse et le contrebasse.» Ajoutez-y les huit élèves de la classe de Nicolas Salmon, professeur au Conservatoire de musique, avec qui Fabien Wallerand a monté le festival, et voilà tout de même une jolie communauté de souffleurs. Laquelle se retrouvera sur scène au sein du Geneva Tuba Ensemble (je 5, 20 h), qui réunit professeurs, élèves, amateurs également (un collectionneur de tubas!) ainsi que Ross Knight, unique tubiste de l’Orchestre de la Suisse romande.

En quête de noblesse

Certes, le tuba n’est pas aussi répandu que le cor ou la trompette, concède Fabien Wallerand: «C’est un instrument a priori ingrat, sa place dans l’orchestre symphonique reste encore limitée. C’est pourquoi, conclut Fabien Wallerand, nous voulons mettre en valeur d’autres facettes, plus nobles.» Plus nobles, et débridées. Ainsi de l’Elephant Tuba Horde, une formation jazz-funk au style enlevé, mêlant aux tubas le bugle et la batterie (sa 5, 20 h).

Geneva Tuba Festival Du ve 5 au di 7  mai, Conservatoire de musique. Infos: genevatubafestival.ch

Créé: 03.05.2017, 18h25

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