Les tropiques selon Vianney, ou comment animer correctement un open air

PaléoMercredi sur l'Asse: le sautillant poète des cœurs tendres s'est laissé pousser la barbe. Avec un peu de rumba dans la variété, ça ne fait pas de mal.

Vianney sur la Grande Scène du paléo.

Vianney sur la Grande Scène du paléo. Image: Magali Girardin

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«Est-ce que c'est compris ce truc de la pédale magique?».Cette fois, contrairement à l'an passé au même endroit, Vianney ne s'est pas éternisé dans de vaines explications. Il emploie une pédale de loop pour créer des boucles à la guitare, c'est dit. Passons à la suite. Et que la joie vienne.

Vianney, sa voix haute, et forte, son timbre de feutrine, son vibrato bien marqué - «Epargnez-moiii!». Vianney, son look de Neuilly-sur-Seine qui passe doucement, bras de chemise remontés haut. Vianney, enfin, qui laisse poindre une barbe naissante. Le soleil en pleine poire, voilà notre bretteur de chansons douces qui sue son répertoire en chanteur aguerri. Enfin. Notre homme sait même comment faire du tumulte.

C'est qu'il y a une batterie en plus, et une basse, là où hier Vianney assurait tout en solo. Tout ce qui manquait pour satisfaire durablement, et dignement, aux besoins de l'open air. Et notre petit gars de prendre vaillamment la Grande Scène, avec une de ces énergies à déboulonner des jantes de scooter. Voilà qui résout un minimum ce décalage initial entre l'attrait pop d'albums chargés de violons et la formation scénique en pur solitaire. En trio, c'est bien mieux.

Un peu de ci, un peu de ça

«Je ne suis pas chanteur,ect, mais je sens bon l'amour jusque sous les aisselles.» J'adore cette tirade. Le public aussi, qui connaît tout par cœur. Tous genres confondus. Et la musique, alors: le cocolet, le doux agneau, on le sait bon guitariste, voire mieux. Acoustique, l'engin. Parfaitement adapté à son phrasé. Chaloupé, doucement animé. Que tant va la musique que parfois même elle secoue les cocotiers, aidée par une guitare électrique frottée sec pour une coda rock remuante à souhait.

Mais l'essentiel tient dans ces rythmes africains, caribéens, retours de rumba, reflets de zouk et reggae emprunté. Déjà vu? Tryo, entre mille autres, est passé par là. Vianney, lui, a l'avatange de proposer un grand mix de diverses influences, mi protest singer (pour le style, pas le contenu), mi charmeur, un peu sono mondialisée mais pas trop non plus. Surtout, Vianney se révèle extra pour animer un open air en début de soirée. Quitte à forcer le trait. «Tu as compris, Paléo?» ou «Il faut faire du bruit!» restent des classiques du genre. Mais «Paléo, vous êtes des malades!» se distingue du lot. Quand bien même, à ce moment précis, on ne savait trop qui, au juste, était malade ni de quoi.

Créé: 18.07.2018, 20h48

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