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Sur les traces perdues de l’«Orfeo» de Monteverdi

Deux soirs durant, le chef Iván Fischer déploie au Grand Théâtre un final musical personnel au premier opéra de l’histoire.

Le chef d'orchestre hongrois Iván Fischer signe les partitions de l'épilogue, la mise en scène et la direction musicale d'«Orfeo» au Grand Théâtre.
Le chef d'orchestre hongrois Iván Fischer signe les partitions de l'épilogue, la mise en scène et la direction musicale d'«Orfeo» au Grand Théâtre.
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Il y a plus de quatre siècles, le 24 février 1607 précisément, le siège de l’Accademia degli Invaghiti de Mantoue, dans le nord de l’Italie, se muait sans le savoir en épicentre d’une certaine histoire musicale. C’est en effet dans cette ville paisible de Lombardie, au cœur d’une société mélomane fondée par la puissante famille des Gonzague, qu’on accueillait ce jour-là l’«Orfeo» de Claudio Monteverdi. Soit une fable musicale entièrement irriguée par des figures mythologiques de l’Antiquité et qu’on considère aujourd’hui comme étant l’acte de naissance de l’opéra.

Ce noble pedigree n’est cependant pas l’unique point fort auquel accrocher notre attention. Il y a encore un trait qui suscite depuis toujours des débats et des recherches demeurés ouverts. Il porte sur l’épilogue de la pièce, que le librettiste Alessandro Striggio a conçu en deux temps, avec autant de dénouements. Le premier, fidèle aux mythes et aux écrits de Virgile et Ovide, relate la mort atroce d’Orphée, écartelé et démembré par les Bacchantes. Le second, qui est parvenu jusqu’à nous intégralement, avec ses textes et sa musique, raconte un final bien plus heureux, où le protagoniste atteint le ciel, soutenu par Apollon.

Le choix de Monteverdi s’est très vite porté vers cette dernière option. Ce qui nous place face à une question non élucidée: le compositeur a-t-il écrit une autre musique pour accompagner le premier livret? Faute d’avoir retrouvé les partitions pouvant l’attester, on pourrait aisément se laisser porter par l’imagination et fantasmer cette pièce manquante accompagnant les gestes sanglants des Bacchantes. C’est ce qu’a fait le chef hongrois Iván Fischer, figure aussi discrète sous nos latitudes – ses apparitions sont rarissimes – qu’éclatante sur les grandes scènes européennes. Fidèle à ses passions de philologue, qu’il a cultivées notamment aux côtés du regretté Nikolaus Harnoncourt, l’homme s’est penché sur le livret, sur ses phrasés et sa musicalité, et a écrit ce qui aurait pu être le dénouement de la fable. Puis – fait plutôt rare pour un musicien – il a aussi signé la mise en scène de l’opéra remodelée par ses soins.

Présenté dans plusieurs salles, le spectacle fait désormais escale au Grand Théâtre. L’occasion est belle pour découvrir un autre Monteverdi. Et pour voir à l’œuvre une des meilleures formations du Vieux-Continent: le Budapest Festival Orchestra.

«Orfeo», de Claudio Monteverdi, avec le Budapest Festival Orchestra, Iván Fischer (dir. musicale et mise en scène); Grand Théâtre, 28 et 29 oct. à 20 h. Rens. www.gtg.ch

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