Sting, une cure de jouvence dans le reggae

CritiqueÀ Guitare en scène, le héraut de la pop anglaise l’a jouée syncopée avec Shaggy

Guitare en scène, 12e édition: Sting et Shaggy pour une virée entre tubes pop et syncopes reggae.

Guitare en scène, 12e édition: Sting et Shaggy pour une virée entre tubes pop et syncopes reggae. Image: Guitare en scène/Sam Conejero

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Guitare en scène, 12e édition. Loin de la foule immense de Paléo, qui s’achevait également dimanche, le «petit» festival de Saint-Julien-en-Genevois sortait le grand jeu.

Après Zucchero samedi, Sting envoie les derniers feux. Ç’aurait fait une tête d’affiche indiscutable pour l’open air nyonnais. C’est l’événement ce soir-là aux portes de Genève. Où l’on se rend avec l’impression, dans un premier temps, d’aller à contre-courant. Ligne D. Quitter le centre pour la périphérie de la cité, comme d’autres le font au quotidien après le travail. Traverser la frontière. Rejoindre le stade des Burgondes. Sommes-nous dans une banlieue? Si tel est le cas, alors celle-ci a ce soir-là des allures de centre du monde.

Au plaisir des syncopes

Sur la pelouse brûlée du centre sportif, sur le bitume vieilli du circuit d’athlétisme, on ne verra point tant cette jeunesse festive qui suit les dernières tendances musicales. Si loin de Paléo, en effet. Mais des dames et des messieurs, endimanchés léger pour une partie de campagne sans chichis. Il n’y a point d’animations sur le site, à l’exception de cet éventaire présentant les guitares sublimes des luthiers de la région. Quant au confort, il reste rudimentaire. Ici, on ne vient pas tant pour le cadre que pour le concert.

Sting. Shaggy. Le blond athlète, héraut de la pop anglaise tout-terrain. Le brun chanteur au timbre grave, champion du ragga jamaïcain version sexy discothèque. Ça commence, comme si de rien n’était, dans les œuvres du premier: «Englishman in New York» fredonné doucement devant une foule acquise, soirée complète. Mais l’allure choisie impose la couleur du concert: entendez-vous ces syncopes sublimes, cet allant gaillard en apparence, pourtant lourd, de ces tambours africains il y a longtemps digérés? Le reggae, matière première de The Police, influence majeure pour Sting, donne le tempo là où, avant, son petit trot restait discret.

Le beau duo de voix

Et ça suit dans un déroulé sans anicroche, sans répit. L’essentiel du répertoire de Sting donne la chair du show – «Fragile», «Fields of Gold», «Shape of my Heart» – y compris les incontournables de The Police, «Walking on the Moon», «So Lonely», «Message in a Bottle». Quant à Shaggy, ses propres hits parsèment l’ensemble, «It Wasn’t Me», «Oh Carolina» des Folkes Brothers, «Boombastic» enfin. Sting. Shaggy. La rencontre remonte à loin, lorsque la société de production du premier financait les disques du second. Et aujourd’hui? Un album, le très léger «44/876», paru en avril dernier, entérine cette collaboration sans pour autant chercher à flamber dans le paysage. Sting avec Shaggy, c’est un de ces chemins de traverse qu’aime à prendre le patron. Comme il a pu toucher à la musique de la Renaissance autour de John Dowland («Songs from The Labyrinth», 2006). Ou la comédie musicale folk rock pour raconter les ouvriers de Newcastle («The Last Ship», 2013).

De cette belle soirée, sans prise de risque majeure cependant mais parfaitement amenée, on retiendra, enfin, combien Sting reste un excellent bassiste ainsi qu’un superbe ténor, qui se marie si bien avec la voix de Shaggy.

Créé: 23.07.2018, 17h40

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