Sophie Hunger, la perfection pop en ouverture d'Antigel

CritiqueLe premier concert du festival, vendredi à l’Alhambra, affichait complet avec 1000 spectateurs.

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«Coucouni coucou, je me souviens de tout.» A ce moment du concert, vendredi à l’Alhambra en ouverture du 9e festival Antigel, quand la discrète et délicate Bernoise entonne les premiers mots de «Coucou», titre issu de son tout dernier album, les cils de l’oreille interne frétillent d’un plaisir sans faille, caressés en profondeur par le timbre si doux de Sophie Hunger. Sensation pour ainsi dire érotique, procurée par une artiste dont la sensualité reste, pour le moins, très contenue. Lorsque Sophie Hunger chante en français, avec cet accent délicieux, ce velours légèrement déchiré, une fois encore toute velléité de trouver quelque maniérisme dans son art s’en va directement aux oubliettes.

Sophie Hunger possède une grâce qu’on dirait naturelle. Cependant, retrouver sur scène la chanteuse suisse allemande, équivalent actuel en termes de succès à ce qu’à connu Stephan Eicher il y a trente ans, indique au contraire l’importance du travail accompli. Sur l’interprétation vocale de ces ballades pop virant régulièrement au rock. Sur les arrangements. Le talent de Sophie Hunger consiste également à s’entourer de musiciens parfaitement intégrés dans son univers. À ce propos, les complices qu’on pensait inamovibles, Simon Gerber à la basse, Alberto Malo à la batterie, Geoffrey Burton à la guitare ont quitté l’aventure, remplacés par un nouveau band. C’est Alexis Anerilles aux claviers, seul membre restant du précédent combo. C’est, surtout, Martina Berther et Mario Hänni, paire basse batterie connue pour son groupe rock minimaliste non moins abrasif, Aul. Aux climats fragiles de Sophie Hunger, cette section rythmique confère un dynamisme proche de l’électronique, de la drum’n’bass en particulier. Associée aux harmonies élaborées de la chanteuse, cette énergie plus dure, cette manière plus mécanique de cadrer l’ensemble permet un efficace jeu de contrastes. Toutes choses en phase avec le dernier album, «Molecules», largement nourri d’électronique, justement.

Heureux moment que ce concert. Qui eut le mérite de souligner deux choses encore, sans rapport avec la prestation. Antigel, en faisant venir à l’Alhambra la fine fleur de la pop actuelle, et en invitant en première partie un groupe du cru, les non moins pop, très sixties, Quiet Island, se charge de faire le travail qu’un club local, comme PTR par exemple, n’assure malheureusement plus. Premier point positif. Le deuxième à présent: en poussant avec le consentement de la Ville la capacité de l’Alhambra à 1000 personnes, et non plus les 750 autorisés habituellement, Antigel prouvait que cette mesure préserve largement le confort du public. Encourageant, sachant que la salle peut accueillir jusqu’à 1100 visiteurs.


9e festival Antigel, jusqu’au 23 février. Infos: antigel.ch

(TDG)

Créé: 03.02.2019, 21h01

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