Sion sous les Étoiles, en attendant le bout du lac?

FestivalLe Genevois Michael Drieberg s’installe au cœur du Valais. Son festival de plein air, 6e édition du 11 au 14 juillet, lui donne envie de faire des petits sur les bords du Léman.

Patrick Bruel, ici à Rock Oz'Arènes en 2017, est attendu à Sion sous les Étoiles vendredi 12 juillet sur la plaine de Tourbillon.

Patrick Bruel, ici à Rock Oz'Arènes en 2017, est attendu à Sion sous les Étoiles vendredi 12 juillet sur la plaine de Tourbillon. Image: Raphaël Dufour

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Soprano, Kendji Girac, Patrick Bruel, Zaz, Status Quo, Gotthard, Stars 80. Variété rappée, variété chantée, rock tout public. C’est en thématisant que le public apprécie. Voilà l’argument moteur de Sion sous les Étoiles, 6e édition du 11 au 14 juillet. Chaque soir sa couleur. Surtout, ne pas mélanger. «Du rap jeune? Ça pourrait faire un cinquième jour, mais avec un autre nom de festival.»

Tels sont les mots de Michael Drieberg, maître d’œuvre de l’open air valaisan, qui attire, selon notre interlocuteur, autant de Genevois que de Vaudois, de Neuchâtelois que de Fribourgeois: «Ceux-ci constituent 45% des visiteurs, les autres étant issus du Valais», indique le patron de la société de spectacles Live Music Production, rachetée en juin par l’Allemand DEAG.

L'ambition du «troisième plus gros festival»

Michael Drieberg, on l’attrape au sortir d’une interview avec la Radio Télévision Suisse allemande. Où il était question des têtes d’affiche qui se restreignent, de même que ces «festivals au concept économiquement dépassés». Vieux débat. «Avant, on n’avait pas le choix pour écouter une star, il fallait se rendre au Montreux Jazz Festival ou à Paléo. Aujourd’hui, tous les artistes tournent partout.» Avantage aux manifestations de plein air? «Le tourisme alpin revient en force», se réjouit Michael Drieberg.

Avec un minimum de 50 000 visiteurs attendus cette année, Sion sous les Étoiles s’envisage derechef en troisième plus gros festival romand. Derrière Paléo et Montreux. Mais la concurrence est rude et le territoire national saturé. Caribana de Nyon, Estival d’Estavayer, Festi’neuch, Rock Oz’Arènes, les rendez-vous de moyenne envergure abondent. De nouveaux venus s’installent, ainsi du Venoge Festival, fort en thème lui aussi – voir sa soirée années 80 notamment. Gampel? Le festival haut-valaisan draine principalement un public jeune et germanophone.

Un aéroport pour les stars

«Pour réunir jusqu’à 15 000 personnes par jour, il faut des noms connus, argumente Michael Drieberg. Des artistes capables de remplir une Arena, des Soprano, des Patrick Bruel.» Les cachets, chers mais stables, comptent pour moins de la moitié du budget de 4 millions de francs. «Ce qui augmente, c’est le coût des structures: scène, son, lumière, carburant, sécurité, nettoyage, hôtel, nourriture et main-d’œuvre.»

À Sion, l’air est frais, dit-on, et le paysage remarquable. Le public suit volontiers, les artistes apprécient. Cependant, d’autres arguments seront nécessaires pour se distinguer de la foule des festivals. En 2016, Sion sous les Étoiles accueillait David Guetta: «Il reçoit jusqu’à 500 demandes de concerts annuels, dont 100 ou 150 offres pour les festivals. Du public, de la technique, cela tout le monde peut le lui fournir. Mais à Sion, nous avons un gros avantage: l’aéroport. L’artiste peut se poser en jet et repartir le soir même pour jouer à Ibiza!»

Ambitions lémaniques

Tant qu’à parler d’aéroport, pourquoi ne pas organiser un open air à côté de Cointrin? Michael Drieberg, alors, de lister les occasions manquées au bout du lac. Un festival au parc des Eaux-Vives était sur le point d’aboutir, dit-il, mais la disparition des Fêtes de Genève a mis un terme au projet: «Un tel parc est une donation, qui comporte ses closes, notamment de ne pas y établir d’activités lucratives. Dans le cadre des Fêtes, une exception était possible.» Le patron de Live Music Production avait également envisagé une scène immergée devant l’esplanade Wilson: «Avec le jet d’eau en toile de fond, l’image aurait fait le tour du monde.» Las, Genève bouge difficilement, se plaint Michael Drieberg. Et les Evaux? On se souvient d’une proposition d’Eric Stauffer, du temps où le politicien dirigeait la culture à Onex: «Le problème des Evaux, c’est l’accès. Pas de parking assez grand pour accueillir 10 000 personnes, ni d’accès pour les camions.»

À présent que Michael Drieberg est lancé sur le sujet, il ne s’arrête plus: «Je n’ai jamais caché mon ambition de dupliquer entre Genève et Lausanne ce que je fais actuellement à Sion.» Ce serait, dit-il, une bonne opportunité pour amortir le coût de l’infrastructure valaisanne. «En proposant la même affiche en Valais et sur les bords du Léman, on perdrait 5% du public, mais on gagnerait les spectateurs de France voisine.» Là-dessus, on se quitte. «Venez faire un tour à Sion!» Ce week-end? Pas possible, il y a Guitare en Scène à Saint-Julien-en-Genevois, Midnight Oil, Joan Baez et Mark Knopfler à l’affiche. Encore un concurrent de poids.

Sion sous les Étoiles plaine de Tourbillon, du 11 au 14 juillet. Infos: sionsouslesetoiles.ch

Créé: 09.07.2019, 18h52

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