Seu Jorge lance Antigel sur la planète Mars. «Là où, désormais, habite Bowie»

CritiqueDimanche au Victoria Hall, le Brésilien a fait mouche avec son «tribute» à l'auteur de «Life On Mars?», disparu il y a trois ans

Dimanche 10 février, Seu Jorge chante David Bowie sur la scène du Victoria Hall, dans le cadre du festival Antigel, 9e édition.

Dimanche 10 février, Seu Jorge chante David Bowie sur la scène du Victoria Hall, dans le cadre du festival Antigel, 9e édition. Image: Magali Girardin

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Il fait «Ziggy Stardust» sur une syncope tropicale. Le public se laisse bercer. Il poursuit en envoyant «Changes» dans les feux folks du Brésil. On y croit déjà. Suit «Rebel Rebel», réverbération sur la voix, lumières bleutées éclaboussant le grand orgue en fond de salle. Le public plane, pris dans un rêve aquatique, voguant de «Starman» vers «Life on Mars?» pour retrouver dans le timbre grave d’un Brésilien discret le souvenir ému du flamboyant Bowie.

Dimanche, Antigel au Victoria Hall. Assis au centre de la scène, entouré au sol d’une couronne d’ampoules, seul à la guitare et au chant, Seu Jorge apparaît dans la tenue bleu clair avec le bonnet rouge, aussitôt jeté, qui distinguait l’équipage de «La vie aquatique» de Wes Anderson. Retour en 2004: sur le pont du «Belafonte», bateau explorateur naviguant dans le spleen d’un simili Cousteau incarné par Bill Murray, le chanteur acteur carioca interprétait du Bowie en traînant magnifiquement des syllabes portugaises. Le film est devenu culte. Seu Jorge? Nous reste ce grand type plus vraiment à la page par ici. Au point qu’on craignait que le Victoria Hall soit bien trop grand pour son gabarit. Et pourtant…

L'hommage est double

La salle déborde de monde. Qui est venu, et pourquoi? Un spectateur nous répond: Seu Jorge. Le suivant: Seu Jorge. Ainsi de suite, jusqu’au cinquième: «Pour Bowie». Le sixième fait carton plein: il est venu pour Seu Jorge, Bowie et le film. Enfin, on croise deux amoureux qui prétendent que, non, ils ne connaissent rien à l’affiche mais ont suivi les propositions du festival. Cela étant, les réponses auraient été probablement tout autres si on avait pris la foule par l’autre bout.

Figurez-vous que Seu Jorge, lui non plus, ne connaissait pas plus de Bowie que ça, avant: «Deux chansons tout au plus». C’est dans l’humour que s’installe le tour de chant lorsque, entre les titres, Seu Jorge raconte: le coup de fil du réalisateur, le tournage à Cinecittà, puis la mort de Bowie: «Trois jours plus tard, c’était le tour de mon père. Mon père et Bowie, je pense qu’ils habitent à présent sur Mars.» Et voilà expliquée la raison de cette tournée, qui donnait l’impression d’un plat réchauffé: un double hommage! Lequel s’achève avec «Life on Mars?»: voix profonde, chaude et brisée à la fois. Le public applaudit à tout rompre comme s’il écoutait, mais qui? Un second original, c’est cela.

Seu Jorge reste humble. Son bis terminé, il se lève et laisse la sono jouer «Let’s Dance». Version de 1983, sans contrefaçon. L’air de dire: voilà d’où ça vient, voilà où ça peut aller au fil des envies. (TDG)

Créé: 11.02.2019, 17h51

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