Rita Mitsouko à la Halle 7 de Palexpo? La salle éphémère a du gros son

ReportageCatherine Ringer a inauguré la salle éphémère de la Halle 7 de Palexpo. Récit d’une première attendue.

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À un moment donné, tout était là: le son, puissant, suffisamment précis vu la taille de l’infrastructure – 2000 personnes entourées de rideaux noirs gigantesques, délimitant dans la Halle 7 de Palexpo un espace éphémère pour les concerts, en remplacement de la salle des fêtes de Thônex. Le défi était de taille pour l’organisateur, Opus One: déplacer une importante série d’événements, tous complets, n’allait pas sans faire craindre pour le résultat, en termes d’acoustique surtout. Chose entendue, et vue, vendredi 6décembre pour la première fois avec Catherine Ringer dans sa tournée d’hommage aux Rita Mistouko.

Bonne boîte de secours

Il aura fallu trois titres, dont le plus connu du répertoire, «Marcia Baila», pour qu’on se dise: «Ah! tiens, là, on l’entend mal, la Ringer.» Mais juste après: «Oh! la voix est devenue claire, et forte, avec des basses, des médiums, des aigus au poil.» Conclusion provisoire, comme le lieu: l’acoustique de cette boîte noire faisant office de salle de secours s’avère bonne. À condition de rester bien en face de la scène. Pour qui avait décidé de se placer sur les côtés, tout proche des musiciens, le son, en revanche, ne valait plus rien.

Certes, ce n’est pas du classique qu’on ira écouter ici. Mais la Halle 7 a son charme. On s’y rend comme on va prendre un avion, vers ce no man’s land franchement glauque la nuit venue, avec ses parkings en bordure de bretelle autoroutière, ses nombreux escaliers froids comme l’ennui. On longe l’Arena, on suit le trottoir jusqu'à ce grand escalier qui monte vers une muraille métallique: Palexpo. Arrivé à l’intérieur du bâtiment, il faut encore redescendre une longue volée de marches qu’on oserait dire majestueuses, sans l’apprêt utilitaire, la peinture au gros pinceau. Ici, le style voisine le point zéro. Enfin, la salle, tout à son affaire, se réchauffant à de grands bars postés aux entrées. La salle qui vibre gaillardement lorsque le concert débute. Et la foule qui hurle et danse joyeusement. Parce qu’elle aime, la foule? Les Rita Mitsouko bien sûr, Catherine Ringer en vocaliste acrobate et sa clique superfunky, son fils Raoul Chichin à la guitare, larguant deux heures de chansons trépidantes, aussi fameuses que «C’est comme ça», «Les histoires d’A», «Andy», «Les amants», «Le petit train», etc. Catherine Ringer qui demande: «Comment ça s’appelle, ici?» Il lui faudrait un nom plus emballant que Halle 7, peut-être.

Un dispositif cher

De la culture dans ce contexte, ce n’est pas la première fois. On y a vu, en 2016, le labyrinthe d’Antigel. On y retourne non sans une pointe de nostalgie. Est-ce incongru? La Halle 7, c’est de l’industriel, du béton verni pour sous les pieds, un volume immense qu’il a fallu aménager pour accueillir spectateurs et artistes. Cela pour un bon moment. Pas besoin d’interroger l’organisateur pour le comprendre: qu’on imagine la salle des fêtes de Thônex, son plafond qui s’effondre, sa structure fragilisée, l'expertise qui s’ensuit, le devis pour les travaux, le budget qu’il faudra voter... Le lieu ne rouvrira pas avant longtemps.

La halle de Palexpo vaut-elle l’échange? Sur place, on croise Vincent Sager, capitaine d’Opus One pas trop malheureux finalement – 300 places supplémentaires sont en vente chaque soir. Mais le dispositif coûte cher, il a fallu tout installer, le praticable, les lumières, les vestiaires, les loges aussi, des containers de chantier posés derrière la scène. L’ensemble rappelle les gros raouts organisés ces dernières années dans la halle voisine, pour Depeche Mode ou Metallica notamment – des installations si grandes que le public perdait en proximité avec les musiciens. Vrai dans la Halle 7 également, mais dans une moindre mesure.

Créé: 07.12.2019, 19h16

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