Le rêve d’une nouvelle salle resurgit à Verbier

Verbier FestivalPour les organisateurs, la pérennité de la manifestation passe par la création d’un équipement permanent. Une urgence récurrente qui suscite des questions.

La salle des Combins à Verbier, cœur pulsant du festival pouvant accueillir 1300 spectateurs. Cette structure démontable a fait l’objet de multiples interventions visant à améliorer ses qualités acoustiques mais le rendu n’est pas encore optimal.

La salle des Combins à Verbier, cœur pulsant du festival pouvant accueillir 1300 spectateurs. Cette structure démontable a fait l’objet de multiples interventions visant à améliorer ses qualités acoustiques mais le rendu n’est pas encore optimal. Image: VERBIER FESTIVAL

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Verbier, son paysage à couper le souffle, ses artistes qu’il ne faut pas manquer l’été venu, ses mélomanes fortunés et… sa grande salle à l’acoustique problématique. S’il fallait mentionner un effet de stridence qui perdure dans la station valaisanne, on ne trouverait pas meilleure illustration que dans cette imposante bâtisse dite des Combins, cœur pulsant du festival de musique classique fondé il y a vingt-six ans par Martin Engstroem. Les 1700 spectateurs que peut contenir cette structure démontable ne manquent pas, à chaque soir de concert, de scruter le ciel avant de franchir les seuils qui mènent aux tribunes.

Une menace d’orage peut tendre les esprits, le vacarme d’une averse copieuse ayant le pouvoir d’interrompre subitement la musique. Et lorsque tout se passe sans encombre, les mêmes mélomanes quittent les lieux avec le sentiment d’avoir baigné dans un environnement sonore largement perfectible.

Valery Gergiev déjà mobilisé

Dans la station valaisanne, les problèmes acoustiques forment un serpent de mer aussi long que l’histoire de la manifestation. À intervalles réguliers resurgissent les souhaits de mettre en adéquation le prestige du festival et la qualité de ses équipements. Mais cette année, la quête a pris une nouvelle dimension, bien plus puissante. Lors du discours d’ouverture, le 18 juillet, le président du conseil de fondation du festival, Peter Brabeck-Letmathe, n’a pas fait dans la périphrase. Il a rappelé l’urgence de se doter d’une salle d’environ 800 places, qui ne remplacerait pas celle des Combins, mais qui serait dédiée aux récitals et au répertoire de musique de chambre. L’idée a été reprise quelques jours plus tard par le chef d’orchestre russe Valery Gergiev, directeur musical du festival depuis 2018: «Verbier n’a pas besoin d’une grande salle, a-t-il souligné en s’adressant au Forum de la philanthropie qui s’est tenu ce samedi, mais d’une salle avec une acoustique excellente.»

Par-delà ces aspirations, il y a désormais des démarches concrètes qui prennent lentement forme. Comment? «Nous avons lancé une étude pour comprendre quel concept artistique doit être concrétisé avec ce nouvel équipement, nous dit Peter Brabeck-Letmathe lors d’un entretien. Nous avons mandaté une entreprise spécialisée pour qu’elle étudie la question et nous soumette une idée forte.» Ce premier pas revêt une importance cruciale. Car il faut trouver la façon de faire vivre la structure en devenir durant toute l’année, bien au-delà de la durée du festival. «Bâtir est relativement simple, ajoute le président du conseil de fondation, mais sans un concept qui enveloppe le tout, nous nous retrouverions très vite avec une morgue, et ce serait catastrophique pour l’image de notre manifestation.»

La chasse de tous ces acteurs culturels de la région ou, plus largement, de la Suisse romande pouvant être intéressés à occuper les lieux ponctuellement est désormais ouverte. On pense déjà à ces expositions et ces événements de toute sorte qui pourraient animer le bâtiment. Pour le fondateur et directeur du festival, Martin Engstroem, «le projet doit conduire au développement culturel de la station. Verbier et son festival doivent penser à leur diversification et à leur pérennité. Il faut comprendre aussi que la station hivernale telle qu’on la connaît aujourd’hui va sans doute connaître de gros bouleversements avec le dérèglement climatique. Il est dès lors nécessaire d’imaginer d’autres scénarios.»

Sur le front du financement de l’infrastructure, les deux hommes forts du festival affichent un optimisme certain. «L’argent est le cadet des soucis, note Peter Brabeck-Letmathe. Si nous soumettons un projet bien ficelé à Valery Gergiev, nous savons qu’il pourra avancer très vite sur ce terrain.» Martin Engstroem, lui, remonte le fil du temps pour évoquer une autre source de financement. «Il y a sept ou huit ans, il avait été question d’un autre projet, pour un coût d’environ 80 millions de francs. À l’époque, la Commune de Bagnes en avait réuni environ 30, avant qu’une bascule de majorité politique n’arrête les démarches.»

La Commune à l’écoute

Aujourd’hui, la même Commune, qui soutient par ailleurs la manifestation à hauteur d’environ 1,5 million de francs par édition, se dit disponible pour entrer en matière. Des parcelles publiques constructibles ont été proposées à la direction du festival. Quant aux subventions au projet, tout paraît clair aux yeux d’Éloi Rossier, président de la Commune de Bagnes: «Nous devons réfléchir ensemble aux coûts de la construction et aussi aux moyens permettant de financer son fonctionnement. Les élus ont besoin d’être rassurés avant de voter des crédits.»

De nouveaux scénarios s’ouvrent ainsi, qui pourraient changer les traits architecturaux et artistiques du festival. Demeure une seule grande inconnue, dans ces phases balbutiantes: le temps qu’il faudra pour transformer ce vieux rêve en réalité.

Verbier Festival, jusqu’au 3 août. Rens. www.verbierfestival.com

Créé: 21.07.2019, 17h57

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