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Renaud Capuçon, la ferveur intérieure

«Porte-archet» des stars de la musique classique, le violoniste – qui passe énormément de temps en Suisse – a appris à relativiser les critiques et à jouer libéré.

Georges Cabrera

Tannay, son château, son parc en pente douce vers le lac et face au Mont-Blanc. Le lieu idyllique héberge depuis quelques années le petit festival des Variations Musicales. Petit par la simplicité des infrastructures (une simple tente posée devant le château), mais déjà grand par la qualité de la programmation, assurée par Serge Schmidt, syndic de Tannay, et son équipe de bénévoles.

Fidèle à la manifestation puisqu’il revenait pour la 5e fois, Renaud Capuçon a donné deux concerts. Après avoir dirigé de l’archet l’Orchestre de Chambre de Bâle, le violoniste français avait mijoté mercredi un récital sans concession (Dvorák, Grieg, Franck) en duo avec Khatia Buniatishvili, face à un public attentif et attentionné.

Il faut, à vrai dire, beaucoup de concentration pour apprécier toute la musicalité de ce tandem mêlant le feu et la glace: les conditions de quasi plein air, avec le bruit de fond des avions et de la ligne de chemin de fer, parasitent le confort acoustique, mais obligent à une écoute démultipliée. Si, dans ces conditions, le piano peine à faire sortir ses graves, le violon, même en murmure, garde une miraculeuse présence, une finesse à la grâce immatérielle.

L’élégance impeccable du violoniste dompte l’impulsivité naturelle de la pianiste géorgienne pour un résultat réjouissant de complicité et de ferveur intérieure. Le souvenir du larghettofinal de Dvorák et du mouvement lent de la Sonatede Franck estompera l’impudeur des aéronefs.

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