Qu’importe l’enfer ou le paradis, Tom Jones fut divin

CritiqueÀ 79 ans, le crooner le plus cool du monde a mélangé mardi à Montreux joie et émotion.

Tom Jones a charmé l'Auditorium Stravinski mardi soir.

Tom Jones a charmé l'Auditorium Stravinski mardi soir. Image: DR

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Sa peau plus lisse qu’une fesse de bébé trahit l’éventualité d’une coquetterie chirurgicale. Mais on ne triche pas avec sa voix, et celle de Tom Jones demeure dingue. À 79 ans, le plus américain des Gallois a embrassé, empoigné, secoué, ému, magnétisé et charmé l’Auditorium Stravinski, mardi soir. Quand revenir par les mots sur un concert, quelques heures plus tard, suffit à électriser les poils du bras, c’est que la soirée fut bonne…

Deux tiers de salle attendaient ainsi «Tiger Tom», frémissant de découvrir à quelle sauce elle allait être croquée. Car Jones a tout fait, tout vécu, du meilleur (il avait 15 ans à la naissance du rock’n’roll) au pire (easy listening à Las Vegas). Alors, soul? Ballades? Crooning? Rhythm’n’blues? Il y avait de tout dans les poches de son veston bleu électrique, mais le chanteur a surpris là où on l’attendait le moins: dans une sobriété folk et religieuse qui, dès l’entame du concert, a questionné le paradis et l’enfer et le lieu où le joyeux pécheur aux 250 conquêtes annuelles finira un jour. «Burning Hell» ne mobilise que la voix de Jones et son guitariste pour une entrée en matière comme un Johnny Cash sénescent, repentant, sombre et puissant.

Le groupe deviendra plus fourni pour, chapeaux sur la tête et instruments d’époque en pognes, rendre de nombreux hommages aux pionniers, quand le rock hésitait encore entre hillbilly blanc et blues noir. D'une voix en platine, le fils de mineur extrait du John Lee Hooker, du Blind Willie John, du traditionnel. Il donne une version magistrale du «Tower of Song» de Leonard Cohen. Le Stravinski retient son souffle pour mieux le dépenser lorsque Tom appuie sur l’accélérateur et épice le show de ses tubes. Mais il les préserve de tout kitsch, réussissant l’exploit de leur conserver leur ADN chic et classe malgré un traitement instrumental traditionnel, avec même un accordéon et des congas pour «It’s not Unusual»! «Sexbomb» reçoit une ampleur limite gospel, un comble pour cette ode à la fornication joyeuse. «Kiss» puis «Strange Things», de Sister Rosetta Tharpe, font valser la salle.

Élégant jusqu’au bout, après deux heures de concert, il place ses cinq musiciens à ses côtés pour leur offrir leur lot d'applaudissements et les remercier de l’accompagner autour du monde, se réjouissant déjà de la prochaine tournée. Nous aussi.

Créé: 10.07.2019, 16h52

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