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Qu'est-ce que Dylan a bien voulu dire dans sa dernière chanson?

Trois semaines après sa sortie, «Murder Most Foul» fait un tabac. L'assassinat de Kennedy reste un sujet d'actualité. Et le confinement laisse le temps de ruminer...

Bob Dylan en concert au festival des Vieilles Charrues en 2012.
Bob Dylan en concert au festival des Vieilles Charrues en 2012.
Fred Tanneau/AFP

Rien de tel qu’un Dylan pour faire parler de lui sans rien dire de l’actualité. Le temps est au Covid-19? Dylan, lui, s’intéresse à l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy en 1963. Fin mars, le songwriter américain sortait sa première chanson originale en huit ans, traitant du meurtre par balle, à Dallas, du 35e président des États-Unis, intitulée «Murder Most Foul» – un «crime des plus ignobles». La chanson a été abondamment commentée par les médias anglophones. Et pour cause: en près de dix-sept minutes, le poète de Duluth déclame une longue litanie nourrie de nombreux détails historiques, ainsi que de ces sombres visions dont il s’est fait le maître. La musique, elle, se limite à un accompagnement très simple, trois accords dilués entre piano, contrebasse, batterie et violon, sur un tempo lent.

Cauchemar sur Elm Street

Ce qui a retenu l’attention, du «Guardian» au «New Yorker», c’est, comme souvent chez Dylan, et plus encore avec le temps, le sens des paroles. Dylan qui brosse le portrait d’une époque, les années 1960, la décennie de ses 20 ans. Dylan qui liste les grands repères de la culture populaire, années 1960, 70, 80, l’avant-guerre également, d'«Autant en emporte le vent» aux Beatles, des Who à «Freddy: les griffes de la nuit» («A Nightmare on Elm Street» pour le titre original, Elm Street étant également l’avenue de Dallas où Kennedy a été abattu). Culture black aussi – mention de Nat King Cole, de Little Richard notamment. Mais point des années qui ont suivi: pas de rap, pas de grunge… La culture américaine selon Dylan, 78 ans, appartient à une génération sur le point de disparaître. Cet héritage, cependant, éclaire toujours le présent. Ainsi de l’assassinat de Kennedy. Qui fait écho à quatre autres meurtres, tous dans les années 1960: le frère de John, Robert Kennedy, Martin Luther King et Malcolm X. Tous actifs pour les droits civiques. Ces quatre assassinats font aujourd’hui l’objet d’une nouvelle demande de réouverture d’enquête.

Son premier N°1 des ventes

Raconté par Dylan à la manière d’une tragédie, le meurtre de John F. Kennedy est qualifié de «plus grand tour de magie jamais vu», suivant clairement la théorie du complot. Dans les années 1960, Dallas était le bastion de l’extrême droite américaine, particulièrement hostile à la politique de déségrégation menée par Kennedy. Comment ne pas y voir un parallèle avec la présidence Trump? Étonnamment – ou est-ce un effet secondaire du confinement? – la chanson la plus longue que Dylan n’ait jamais enregistrée est la première à avoir atteint, le 8 avril, une première place aux classements américains des meilleures ventes. Les voies de la pop restent mystérieuses, et Bob Dylan est un sacré malin.

(Pour découvrir les texte de Dylan dans une traduction française solide, rien de te l que le site bobdylan-fr.com)

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