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Tous les projets sortent de l’ombre

Les dix-huit propositions du concours sont visibles jusqu’au 5 novembre au Pavillon Sicli.

Le projet lauréat, «Résonances», de Pierre-Alain Dupraz (Genève) et Gonçalo Byrne (Lisbonne).
Le projet lauréat, «Résonances», de Pierre-Alain Dupraz (Genève) et Gonçalo Byrne (Lisbonne).

De quelles formes et de quels volu­mes aurait pu se parer la future Cité de la musique? Quels autres projets se nichent derrière celui qui a remporté, le 12 octobre dernier, le concours international d’architecture, et dont la conception revient au duo de bureaux synergisés de Pierre-Alain Dupraz et Gonçalo Byrne? Pour ouvrir grand l’éventail des possibles et se rapprocher ainsi de ces grandes bâtisses qui pour la plupart ne verront jamais le jour, il faut se rendre sous la voûte bétonnée du Pavillon Sicli, là où sont présentées jusqu’au 5 novembre les propositions des dix-huit bureaux invités par la Fondation de la Cité de la musique. Vernie dans la soirée de lundi face à plus de 500 invités – dont les autorités de la Ville et du Canton – l’exposition permet de faire un tour exhaustif de la première grande étape d’une aventure architecturale et urbanistique saisissante.

Aventure singulière

Car, il faut le rappeler, les enjeux que cristallise la Cité sont de nature et de dimensions inédites sous nos latitudes. Tout d’abord de par l’ampleur de la structure qui devrait voir le jour à la fin de 2022 sur la parcelle des Feuillantines, près du siège des Nations Unies. Imposante, celle-ci accueillera à la fois la Haute Ecole de musique – près de 600 élèves aujourd’hui, auxquels s’ajoutent le corps professoral et le personnel de l’administration – ainsi que plusieurs salles de concert. La plus grande, de 1750 places, sera entièrement consacrée au répertoire symphonique. L’aventure est singulière aussi de par la nature du financement qui permettra l’édification de cet équipement culturel. Donateurs privés et grands mécènes soutiendront entièrement des coûts dépassant 260 millions de francs. De sorte qu’à aucun moment les deniers du contribuable ne seront sollicités.

Un modèle économique inconnu chez nous mais historiquement bien ancré dans le monde anglo-saxon s’esquisse donc ici et permet la réalisation d’un ouvrage que les collectivités publiques auraient difficilement pu supporter. Mais revenons au Pavillon Sicli. Maquettes, plans de situations, de coupes et de grands volu­mes permettent de mesurer l’ampleur du travail fourni par les architectes et la folle diversité d’idées qui a jailli au sein de différents studios. On y découvre ainsi des projets souvent audacieux; on y rencontre des gestes quasi téméraires tant ils confinent à l’irréalisable; on y trouve aussi des intentions à l’élégance certaine, portées par des lignes épurées. Tous les projets ou pres­­que séduisent, quand ils n’interrogent les visiteurs. Mais le concours a cheminé sans faillir: il a fallu donc élaguer, élire un candidat et décerner aussi cinq autres prix aux propositions les plus avenantes. Le jury, après avoir jaugé des candidatures couvertes par l’anonymat, a mis fin au suspense voilà deux semaines.

Et à la fin, Mahler

La suite? «Nous entamons une phase du travail qui est davantage dans l’ombre, explique le président du conseil de fondation, Bruno Mégevand. Concrètement, le conseil de la fondation et la délégation du maître d’ouvrage (architectes et ingénieurs) seront amenés à travailler avec Pierre-Alain Dupraz et Gonçalo Byrne dans le but d’identifier les points améliorables du projet. Cette opération d’affinage se fera aussi en collaboration avec la Haute Ecole de musique et l’Orchestre de la Suisse romande. A terme, nous passerons d’une échelle de plan de 1:200, celle du concours, à 1:50, qui nous mènera au plan localisé de quartier et à la demande de construction.» Si tout file sans anicroche, celle-ci sera déposée de manière définitive à la fin de l’année 2018. En 2020, les travaux pourront débuter. Trois ans plus tard, le ruban sera coupé et la grande salle de concert ouvrira ses portes. Elle résonnera peut-être aux notes d’une des pièces fétiches de Bruno Mégevand: la Deuxième Symphonie de Mahler.

Exposition des projets, Pavillon Sicli, jusqu’au 5 novembre, de 10h à 18h. Entrée libre. Rens. https://citedelamusique.ch

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