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Professor Wouassa fait battre le cœur de l’Afrique

Le groupe d’afro-beat publie un troisième album percutant.

Des marabouts promettant succès et prospérité dans vos boîtes aux lettres. Voilà à quoi se réfère le nom de Professor Wouassa, collectif lausannois d’afro-beat qui distribue du groove à la cadence des cuivres et de rythmes effrénés. Il faut dire qu’à la création du groupe en 2003, les jeunes Romands très blancs de peau craignaient d’être perçus comme des charlatans en s’appropriant cette musique lancinante et festive née au Nigeria à la fin des années 60 du saxophone de Fela Anikulapo Kuti. Mais le Professor Wouassa n’a jamais fait rire, seulement danser: il vient de vernir à Lausanne son troisième album, «Yobale Ma!» Un disque percutant qui défriche les sonorités d’Afrique de l’Ouest pour y cultiver le jazz et le funk.

«J’étais impressionné de voir des Suisses jouer de cette façon, se souvient le chanteur sénégalais Mamadou Diagne, qui a rejoint la formation en 2008. La démarche était sincère, je me sentais bien avec eux.» C’est Gilles Dupuis, grand roux vaudois passionné de jazz, qui mène à la barbe et à la baguette le professeur depuis le début. «Ce que j’aime dans la musique africaine, c’est ce côté instinctif, ce lâcher-prise difficile à atteindre pour un protestant vaudois dont la vie est calculée, rangée et bien sage», plaisante-t-il.

En 2011, Professor Wouassa défendait son premier effort, «Dangerous Koko!» sous le chapiteau du Cully Jazz, en première partie du saxophoniste Seun Kuti, fils de Fela. Un sacré souvenir pour le batteur: «On s’est retrouvé tous les deux sur un plateau radio. Au moment où l’émission diffuse notre chanson, Seun me dit que ça sonne bien. On a été validés.» Le Nigérian participera même au deuxième album du groupe, «Grow Yes Yes!» en 2015. Une consécration.

L’essence de l’afro-beat se puise dans l’intense décontraction, la sueur et la transe, le funk électrique de James Brown. Et toujours cette large réunion de musiciens. «C’est une musique qui se vit sur scène, confirme Mamadou Diagne. Les chansons peuvent durer trois fois plus longtemps que sur CD. Tout est mystique. Moi-même, je peux entrer facilement en transe. Alors Gilles me calme», dit-il pour taquiner le batteur. Qui se défend avec humour: «C’est la course d’école. Je dois battre du rythme autant en musique qu’en dehors, pour motiver et coordonner onze musiciens.»

En wolof, la langue chantée par Mamadou, «Yobale Ma» veut dire «amène-moi avec toi». Un titre qui illustre le voyage en Afrique de l’Ouest opéré par ce nouveau disque, l’ouverture à des racines plus anciennes et à des chants traditionnels. Aux côtés du chanteur, la Biennoise Thaïs Diarra puise dans ses origines maliennes et chante en bambara. «On est complémentaires. Il y a un vrai partage. Sans elle, je suis perdu.» Professor Wouassa a également mis un accent sur la puissance des cuivres et la variété des rythmes syncopés. Mamadou Diagne ne cache pas sa satisfaction: «On veut surprendre. Au vu des répétitions, je peux vous l’affirmer: ça va péter!»

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