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Pierre Lautomne, un doux chanteur parmi les fauves du groove

Le Genevois ouvrait mercredi le festival Voix de Fête sur la scène du Chat Noir, en compagnie du batteur Christophe Calpini.

C'est du dub lourd, du groove gras, paré de beats rampants, basse et grosse caisse ferraillant sans répit. Et, entre deux, Pierre Lautomne dans un nouvel habit de scène. Plus destroy qu'avant? Jamais trop tard pour faire rocker, pourrait-on dire. Mais non! Le chanteur genevois, hier troubadour boisé ou poète délicatement variété, ne fait que poursuivre une de ses nouvelle transformations dont il a le secret.

Muer, encore un fois. C'était chose faite mercredi en ouverture de Voix de Fête. Avec un mec comme Christophe Calpini à la batterie, rythme solide comme le roc, caressant de ses fouets entraînés fûts et samplers, voilà qui ajoute une pulsation plus urbaine, mais plus sauvage aussi. Et cet autre Monsieur, Christophe Chambet, fait tourner sa basse autour du pot, notes plombées, matière mouvante, électrique, voire même pesante. Cela colle-t-il à la poésie autrement plus douce de Pierre Lautomne? Dans ses textes charnus et ciselés, le chanteur a toujours aimé y mettre des «tomate», des «ruisseau» et des «nature amoureuse». Ainsi lâché entre les deux autres fauves, Lautomne aurait pu se faire manger tout cru, écraser par la maestria hip-hop de Calpini et Chambet. Le contraste, cependant, jouait parfaitement. Aux gros bras répondait le frêle poète, pas plus impressionné que ça. Mieux même: ainsi parée de matière électronique plus méchante, la voix de Pierre Lautomne était sans doute encore plus belle à entendre.

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