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«Peut-être que Johnny s'est réincarné en moi»

Sosie vocal de feu «l’idole des jeunes», Jean-Baptiste Guégan, 36 ans, chante vendredi à l’Arena. En vedette.

Jean-Baptiste Guégan, dont la voix ressemble à s'y méprendre à celle de Johnny Hallyday, a vu sa carrière exploser après la mort du «taulier» en 2017.
Jean-Baptiste Guégan, dont la voix ressemble à s'y méprendre à celle de Johnny Hallyday, a vu sa carrière exploser après la mort du «taulier» en 2017.
Yann Orhan

Il a le timbre de Johnny, les inflexions de Johnny, même les mimiques de Johnny. Il a bien sûr son répertoire, complété – grâce suprême – par des titres inédits composés à l’origine pour le «taulier».

Hallyday est mort il y a deux ans. Depuis, la carrière de Jean-Baptiste Guégan a fait un bond. Le succès est tel que ce jeune chanteur d’origine bretonne, 36 ans cette année, s’autorise les plus grandes salles de l’Europe francophone. Ce vendredi 8 novembre, Guégan joue à l’Arena de Genève, où il défendra son premier album, «Puisque c’est écrit». Chansons originales, disions-nous, signées Michel Mallory, l’un des principaux paroliers d’Hallyday. Sur disque, on reconnaît le talent vocal, pour un résultat plus qu’honnête, quoique sans surprise. Du rock à la Johnny, c’en est.

Expérience mystique

Fan de Johnny, Jean-Baptiste Guégan l’est depuis son enfance. Il avait 9 ans quand il a vu Hallyday sur scène la première fois. «Je l’ai pris de plein fouet», dit-il en préambule à son histoire personnelle. «Les enfants rêvent de faire pompier, policier ou médecin? Moi, je voulais faire chanteur. D’autres s’identifient à un ami, un animal. Moi, c’était Johnny. À travers ses chansons, son personnage aussi, il m’a beaucoup aidé. Les similitudes entre sa vie et la mienne sont frappantes.»

On constate, concernant les mots en usage pour qualifier le musicien, une évolution du raisonnable, vers… quoi? L’imposture? La folie? «Quelque chose de mystique», soutient Guégan. On se souvient de Marianne James, la jurée de «La France a un incroyable talent», déclarant: «Tu es la réincarnation de Johnny.» Phrase télégénique. Promotion assurée.

À vrai dire, Guégan a déjà pris une option décisive pour sa carrière. Depuis 2018, il aligne les concerts. Un sacrilège pour l’ancien producteur de feu Hallyday, Jean-Claude Camus, qui lui reproche le titre de sa tournée, «La voix de Johnny». Une aubaine pour les organisateurs de spectacles, signalant au public: «Vous n’en croirez pas vos oreilles.» Enfin, lorsqu’on le croise en septembre, alors en pleine promotion de son album, Jean-Baptiste Guégan n’hésite plus et affirme: «Peut-être que Johnny s’est réincarné en moi.» Avant d’ajouter: «C’est fort? Oui! Mais la réincarnation, j’y crois dur comme fer.»

Vingt ans avec lui

Refaire ce que d’autres ont déjà réalisé: voilà une chose courante dans la musique. Qu’on songe au revivalisme garage, au néodisco. Mais faire en sorte que l’auditeur ait la certitude d’entendre un autre que soi, quelqu’un de connu? Le risque s’avère bien réel d’y perdre son identité. «Je m’assume, rétorque Guégan. Je n’y peux rien si je suis né avec cette tessiture. J’ai la chance d’avoir ce don.» Il précise: «Ce n’est pas la même voix, affirmer le contraire serait prétentieux. Mais elle s’en rapproche terriblement. Voilà pourquoi je ne suis pas un imitateur. Car c’est bien moi qui chante.»

Imaginons qu’un jour, on oublie cette filiation. Qu’en sera-t-il alors de son art? «Une partie du public vient pour me voir moi, assure Guégan. Bien sûr, j’ai récupéré les fans de Hallyday. Mais aussi des gens qui ne l’aimaient pas. Viennent-ils parce que je ne lui ressemble pas? Si j’avais eu la même tête, on ne m’aurait pas donné la même confiance. Les musiciens de l’orchestre s’y retrouvent, la plupart ont joué avec lui. Mais j’aime faire Johnny Hallyday, il y a plus de vingt ans que je le fais.»

Simple et rock’n’roll

La confiance, voilà ce qui le préoccupe aujourd’hui: «Il faut travailler.» Les critiques? «Évidemment, je ne pouvais y échapper.» Et puis: «J’ai la tête bien faite. Je ne chante pas comme ça pour plaire à tout le monde. Me voilà populaire, tant mieux.» Il avoue: «Médiatiquement, ça pourrait devenir catastrophique.» Fort heureusement, il est bien entouré. «Je viens d’un milieu modeste, je connais la galère. Alors je reste simple, humble et rock’n’roll.»

On insiste encore, on voudrait en savoir plus sur ce qui, dès l’adolescence, l’a incité à prendre ce parti radical: endosser l’identité vocale d’un autre. On connaît les grandes lignes, on découvre quelques détails – employé le jour, animateur de bals et mariages la nuit. Vingt ans sur la route, sans autre gloire que le cachet au sortir du vestiaire. «L’apprentissage à la dure forge un caractère.» À force de chanter Johnny, il est devenu comme lui. Bien plus que ça, complète le jeune homme: en suivant la voix du «taulier», Guégan s’est soigné. De quoi? On n’en saura rien. «Affaire privée», répond le chanteur, qui a désormais appris à se défendre comme n’importe quelle autre vedette.

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«Puisque c’est écrit» de Jean-Baptiste Guégan (Sony). En concert vendredi 8 novembre, 20 h, Arena. Infos sur: livemusic.ch

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