L’OSR s’ouvre à un ménestrel d’aujourd’hui

Classique Compositrice célébrée, Lera Auerbach présente une nouvelle œuvre avec le violoniste Vadim Gluzman

La compositrice et pianiste russe Lera Auerbach

La compositrice et pianiste russe Lera Auerbach Image: STEEVE IUNCKER

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Elle donne rendez-vous dans un appartement genevois et elle accueille d’une voix au ton décidé, raisonnant dans un anglais fortement teinté d’accent russe. Face à elle, sur la table basse qui jouxte le canapé, trône une sculpture en bronze qu’elle a façonnée il y a quelques années de ses mains; un quadrupède aux traits féroces, crocs dehors, tête levée prête à l’attaque. En observant la silhouette de cette œuvre si aboutie, si précise dans ses détails, on ne peut que céder au constat: Lera Auerbach est une artiste dont la gourmandise renvoie aux figures encyclopédiques de la Renaissance. Pianiste d’origine russe mais aussi compositrice parmi les plus sollicitées du moment, poétesse et artiste visuelle célébrée, le personnage dévoile là, pour la première fois, une passion que tout le monde ignorait.

Pour saisir la portée d’un pan de ses activités multiples – le pan musical, qui est joué dans les grandes salles du monde, de Vienne à New York, de Londres à Berlin – il ne faut pas manquer sa pièce The Infant Minstrel and His Peculiar Menagerie, donnée en création suisse mercredi et vendredi au Victoria Hall. Commandée par l’Orchestre de la Suisse romande, en coproduction avec le Philharmonique de Bergen et le BBC Proms, cette symphonie (sa troisième) pour violon, chœur et orchestre est le résultat d’un processus de création saisissant. Dédicacée à l’ami de longue date Vadim Gluzman – le violoniste israélien sera de la partie à Genève – l’œuvre s’ancre dans plusieurs territoires.

«Les pièces sculptées irriguent le livret que j’ai moi-même écrit, note Lera Auerbach. Les textes et la musique racontent, par la voix d’une sorte de troubadour, les aventures d’une poignée de personnages étranges, qui ont tous quelque chose de troublant et inquiétant. Leur histoire peut être interprétée de différentes manières puisqu’elle s’adresse à la fois aux enfants et aux adultes. Le récit s’inscrit en cela dans la grande tradition littéraire britannique du non-sens, celle notamment de Lewis Carroll.» Et la musique, quel langage emprunte-t-elle? «J’ai voulu apporter une touche d’humour grotesque, un trait qui est au fond rare dans mon répertoire. J’ai plutôt l’habitude de camper dans des univers plus sombres.»

Née il y a quarante-trois ans à Tcheliabinsk, dans l’Oural, Lera Auerbach a connu très tôt la vocation de compositrice: à 4 ans, elle écrivait sa première pièce, où «il était déjà question de la mort», se souvient-elle. Ayant filé en douce aux Etats-Unis à 17 ans, à quelques mois de l’effondrement de l’Union soviétique, l’artiste a gravi depuis tous les paliers, depuis la Julliard School jusqu’au… Victoria Hall.

Orchestre de la Suisse romande, Edward Gardner (dir.), Vadim Gluzman (violon), avec le Chœur de chambre de la HEM Genève, Victoria Hall, mer. 9 et ven. 11 nov. à 20 h. Rens. www.osr.ch

(TDG)

Créé: 07.11.2016, 20h35

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